Le témoignage d’Annie : comment apprendre autrement

Apprendre par soi même
Crédit photo : condesign
Je vous livre aujourd’hui le témoignage d’Annie, qui, de par son vécu, apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent, comme moi, que nous pouvons apprendre par nous-mêmes quand nous sommes motivés ! D’ailleurs, nous le faisons avec bien plus d’aisance lorsque nous le faisons délibérément !
Actuellement, et plus que jamais, nous devons apprendre à  apprendre par nous-mêmes pour relever les défis du 21ème siècle, et notamment celui de l’emploi. C’est une des compétences clés que doivent développer nos enfants, et la bonne nouvelle est qu’aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, c’est devenu bien plus facile et accessible que ça ne l’était pour la génération d’Annie. Elle n’a que plus de mérite d’y être arrivée. Merci Annie pour ce témoignage utile ! 😉 A vous la parole !

Je suis, depuis longtemps, partisane des méthodes alternatives d’enseignement. Celles qui font gagner du temps sans y perdre en qualité des savoirs, celles qui rendent libres sans produire des êtres asociaux !

Pourquoi ? Voici mon témoignage.

La fin des cours s’annonce !

Nous arrivons à  la fin de l’année scolaire 1961-62. Je reçois mon carnet de notes au collège comme toutes mes camarades tandis que nous nous déhanchons avec frénésie (sous le regard indulgent des profs déjà  un peu en vacances) sur des rocks endiablés. Des filles de ma classe ont apporté leurs vinyles pour l’occasion, surtout ceux de l’idole des jeunes, Johnny Hallyday et son grand rival de l’époque, Richard Anthony. Let’s twist again ! Yeah !

Malgré l’excellente ambiance qui m’électrise, je jette un oeil sur mes notes. Je ne suis pas surprise des niveaux pratiquement à  zéro car je n’ai quasiment jamais ouvert un livre ou un cahier de cours. Le cancre, cette fois, c’est moi et je n’ai pas lésiné, je suis le cancre absolu, je coiffe tout le monde sur le poteau ! Plus cancre que moi, tu meurs !

Le couperet tombe

Donc rien que de très banal. Pourtant, une petite phrase me secoue, me sidère, me stupéfie, me cloue sur place et il y a bien de quoi ! Elle est écrite au stylo bille tout en bas du carnet de notes « N’est pas admise dans la classe supérieure. » ! Je ne devrais pas être frappée de stupeur à  ce point mais je ne sais pas pourquoi, cette phrase me fait l’effet d’un coup de grisou et me reste en travers de la gorge !

L’été de tous les défis

 Rentrée chez mes parents de l’autre côté de la Méditerranée, après cette année d’exil catastrophique et tout ce temps perdu, je prends une décision : il n’est pas possible que je redouble. Mes parents ne me font aucun reproche, et ça c’est pire que tout !

Alors il n’y a qu’une solution, il faut que je rattrape mon retard donc il faut que je bosse. Je me rends dans la grande librairie en bas de chez moi, je déambule entre les rayons, je dégotte livres de maths, de physique, de chimie des Editions Foucher, réalisées par « une réunion de professeurs » pour des professeurs. Il y a,   la fin des principaux cours, un chapitre consacré à l’entraînement avec les corrigés !

Je suis en-thou-siaste ! Plus encore ! Em-ball-ée !

Durant trois mois (la rentrée là -bas se fait alors le 1er octobre), je travaille d’arrache-pied, tous les jours, je lis les leçons, j’étudie les démos, je réalise les travaux pratiques, sans rien demander à personne.

L’avanie oubliée

J’ai rattrapé mon année manquée en 3 mois et en bonus je me suis découvert des aptitudes dont je me croyais totalement dépourvue. J’y ai trouvé un vrai plaisir d’apprendre et mon manque de confiance en moi n’a pas disparu tout de suite – et même n’a jamais complètement disparu – mais cela a contribué à  restaurer une meilleure image de moi et à  me faire comprendre le sens de cet aphorisme «Quand on veut, on peut». Tellement vrai !

Pourtant, je n’ai qu’une intelligence très moyenne, alors si j’y suis arrivée, tout le monde peut y arriver aussi. Il suffit juste d’être déterminée.

A l’issue de ces trois mois d’apprentissage, je suis devenue l’assistante de mes profs que je secondais pendant les cours. Cette période follement passionnante de découverte de moi-même a permis que je m’ouvre au monde et je peux dire avec conviction que c’est à  partir de là que je suis née vraiment !

La passion du savoir ne m’a plus jamais quittée et, aujourd’hui, à  70 ans bientôt, je continue à  jouer les Alice au Pays des Merveilles. J’y consacre du temps mais Internet contribue beaucoup à  nous faciliter la tâche en nous connectant comme jamais à  tous les sites de développement des savoirs.

Et vous, apprenez-vous par vous-mêmes ? Si oui, comment faites-vous ? 😉

2 comments / Add your comment below

  1. Très beau témoignage d’Annie en effet. Et je me rends compte à mon âge, toutes les choses que je redécouvre avec plaisir et que j’aimerais apprendre comme l’histoire, la géographie, les langues etc. Alors que ce fut tellement barbant du temps de l’école…Et pourtant tellement passionnant.

    Mais y’à en effet un fossé entre ce qu’on nous force à apprendre et ce qu’on décide nous même d’apprendre. Et quand ça vient de nous, ça rentre tout seul.

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