Mon défi vidéo : le parcours de Sven, 23 ans, orienté en Bac pro Commerce

Retranscription de l’interview

C: Carole ; S: Sven


C: Bonjour c’est Carole du blog jaimemonavenir.com, on se retrouve aujourd’hui pour la 4ème interview de mon défi et je suis avec Sven, bonjour ! 

S: Bonjour

C : Alors on est dans son jardin, en compagnie des poules, il faut beau donc c’est super, merci d’avoir accepté de répondre à mes questions, est-ce que tu peux te présenter Sven ?

S: Oui bien-sûr, alors je m’appelle Sven Rigaud, j’ai 23 ans aujourd’hui, j’habite à Fontenay sous bois 94120, et en ce moment je travaille au Joker de Paris qui est une boutique de jeux de société pour enfants et un peu de tout qui se trouve à peu près à côté du BHV.

C: D’accord, alors on va revenir un peu sur ton parcours depuis la 3ème, alors tu sais qu’en 3ème…

S: Ca remonte !

C: Oui ça remonte, alors tu te souviens qu’en 3ème, on est censé choisir entre la voie générale et technologique, la voie professionnelle ou alors on peut arrêter l’école, comment ça s’est passé pour toi ?

S: J’aurais bien aimé faire général et technologique en fait ! Moi je suis parti en commerce parce que je ne savais pas du tout ce que je voulais faire en fait donc ma…comment ça s’appelle, ma conseillère en fait elle m’a dit d’aller, comme tous ceux qui ne savent pas quoi faire en fait, on a été envoyés en commerce.

C: Ah oui ? Tu avais fait plusieurs stages quand-même en 3ème dans différents domaines ?

S: Alors en 4ème j’en ai fait 3, en 3ème j’en ai fait 3 et entre temps j’ai fait quelques petits boulots, je me suis baladé, j’ai fait plein de trucs, je ne savais pas ce que je voulais faire donc…

C: Mais à l’issue de ces stages et de ces petits boulots, tu ne savais toujours pas ce que tu voulais faire ?

S: Absolument pas

C: D’accord donc quand on t’a proposé la voie professionnelle et le commerce, tu t’es dit quoi ?

S: Alors quand on m’a proposé le commerce, j’avoue que comme ma famille, mon père était dans le commerce, mon frère était dans le commerce, mon cousin était dans le commerce, mon oncle était dans le commerce, je me suis dit que c’était un truc familial donc que ça pouvait peut-être bien m’aller surtout que j’avoue que j’ai quand-même une fibre assez commerciale, assez visible on va dire, il suffit d’entrer avec moi dans un magasin, il y a forcément un mec qui va venir me voir pour me demander si je travaille là, ça m’arrive tout le temps !

C: (rire), D’accord, donc bac pro commerce, comment ça s’est passé au lycée pro parce que tu n’étais pas en apprentissage, c’était au lycée ?

S: Oui c’était au lycée mais effectivement on avait des stages dans l’année qui nous permettaient d’aller…qui nous permettaient de…

C: D’aller sur le terrain

S: Oui, de découvrir souvent le terrain. Ce qui était intéressant vu que moi j’en avais déjà fait, que personne d’autre n’en avait fait, enfin, un seul, en stage de 3ème, ça m’a permis de voir que ce qu’on faisait, parce qu’il faut savoir que les stages qu’on choisit, on ne les choisit pas vraiment. C’est qu’en fait on a une limitation de stage que les professeurs décident, par exemple on a pas le droit de faire dans l’alimentaire, on a pas le droit de faire dans les grandes surfaces…Et donc en arrivant là-dedans j’ai remarqué que les cours étaient quand-même assez…pas très intéressants et pas très utiles finalement parce que…

C: Sur le terrain ?

S: Sur le terrain ce n’était pas très utile

C: C’est-à-dire qu’il y avait un gap entre la théorie et la pratique selon toi ?

S: Ah oui, un énorme ! La preuve même c’est que je n’ai pas fini les cours, j’ai arrêté, j’ai redoublé ma première à cause de mes absences parce que je m’ennuyais beaucoup…et avant d’arrêter je suis allée voir ma prof principale et je lui ai demandé, enfin, je lui ai dit directement que ce qu’on faisait n’était pas très utile finalement, que les cours théoriques étaient intéressants sauf que…ça ne servait pas à grand chose. Et elle m’a dit de but en blanc que non ça ne servait absolument à rien mais qu’on était là pour le diplôme. Et là je suis parti.

C: Et donc tu as arrêté en cours d’année. Comment ton entourage a pris cette décision, ta famille ?

S: Alors j’avais parlé à mes parents forcément avant, ils étaient assez d’accord parce que finalement, je n’étais presque jamais en cours (rire) donc ça ne changeait pas grand chose…la classe, je n’étais pas très proche de la classe, on en avait pas grand-chose à faire finalement, que je parte ou pas, ça ne changeait pas grand-chose mais j’avais des amis assez proches dedans, je me souviens d’un ami à moi qui m’a filé une gifle (rire) quand je lui ai dit que je voulais partir…

C: Ah oui, réellement ?

S: Oui réellement, il m’a dit que c’était une très très mauvais idée parce que pour lui les cours c’était très important. Ce qui me fait rire c’est que maintenant il travaille à la RATP donc le commerce…(rires)

C: D’accord et c’est toujours ton ami ?

S: Alors malheureusement, je ne les ai pas revus après parce qu’eux ils étaient en cours, moi je cherchais du boulot et c’est vrai que je ne suis pas quelqu’un de très…j’envoie des messages de temps en temps mais c’est vrai que ça fait 4 ans qu’on essaie de se voir en fait.

C: Donc tes parents ne t’ont pas empêché de…

S: Non, ils m’ont dit que si je pensais que c’était ce qu’il fallait que je fasse, il fallait que je le fasse.

C: D’accord très bien, donc qu’est-ce que tu as fait après ? Après avoir arrêté ?

S: Alors après avoir arrêté, j’ai fait plein de petits boulots en fait, pendant un an, oui, une année sabbatique quand-même, un an et demi, j’ai pas vraiment travaillé. Je suis retourné dans les anciens trucs que je connaissais, j’ai été serveur, j’ai fait un petit peu barman, j’ai fait beaucoup de vente, j’ai fait un peu de marketing et finalement je n’ai pas fait grand-chose en fait !

C: On entend nos amies les poules, c’est super non ? (rires) On a de la compagnie c’est bien…

S: Le matin, c’est bien en plus…pour se lever !

C: D’accord donc tu as fait plusieurs petits boulots et là actuellement tu fais de la vente ?

S: Oui, enfin, de la vente/bricolage/livraison/plein de trucs…En fait c’est un boulot assez…

C: Polyvalent ?

S: Oui oui oui…

C: Et est-ce que tu te sens à ta place là où tu es ?

S: Alors dans la boutique ou dans la vente ?

C: Dans la vente

S: Alors dans la vente, d’un côté oui car comme je le disais tout à l’heure, je suis un vendeur, c’est comme ça, j’aime bien parler avec les gens, en fait je ne suis pas là pour vendre, je suis là pour fidéliser parce qu’il y a des gens assez souvent finalement qui reviennent soit me remercier soit qui reviennent m’apporter des petits cadeaux parce que je me suis décarcassé pour eux. Ce qui me fait dire que je me sens un petit peu à ma place. D’un autre côté le boulot commence à m’ennuyer vraiment beaucoup parce que déjà la vente en ce moment, le commerce est assez mort, il ne se passe pas grand chose donc on passe des journées des fois sans rien faire et l’enseigne m’ennuie beaucoup en fait, c’est le problème, je m’ennuie beaucoup !

C: D’accord et est-ce que tu as la sensation d’avoir trouvé ta voie ou pas ?

S: Non pas du tout, absolument pas

C: Non, pour l’instant tu es toujours à la recherche de quelque chose qui pourrait te passionner ?

S: Oui c’est ça. Plus me convenir, où je pourrais moins m’ennuyer, où je pourrai vraiment me mettre à bras ouverts dedans, vraiment…comment je pourrais dire ça, vraiment, aidez-moi (rire), dites moi comment ça se dit…

C: Oui, je ne…

S: M’investir, m’investir dans un truc qui me plait en fait

C: Ah, oui t’investir pleinement…

S: C’est ça !

C: D’accord, pour l’instant ça n’est pas le cas…

S: Non

C: Et qu’est-ce qui t’a manqué pour pouvoir faire ça ? Qu’est-ce qui te manque encore aujourd’hui pour pouvoir faire ça, pour trouver ta voie à ton avis ?

S: Soit d’autres opportunités de…peut-être que si le monde change, on pourra peut-être trouver de nouvelles choses qu’on ne peut pas faire tout de suite mais sinon, franchement je ne sais pas, je ne sais pas du tout, j’ai testé plein de trucs. Mon problème c’est que j’aime bien la théorie, je m’ennuie très rapidement si je n’ai pas un challenge à réfléchir…

C: Intellectuel…

S: Voilà, intellectuel, mais l’autre problème c’est que je suis très manuel, j’adore réparer plein de trucs, j’adore bouger, j’adore faire plein de trucs, trouver un truc entre les deux ce n’est pas si facile…

C: D’accord, tu es déjà parti voir un conseiller d’orientation, quelqu’un , un coach pour t’aider à…

S: Alors oui, j’ai vu des psychologues pour permettre de peut-être voir comment changer ça, ça a été inutile,en fait…

C: Comment changer ça, c’est-à-dire, comment changer quoi ?

S: Alors qu’est-ce qui pourrait me plaire, qu’est-ce qui ne va pas dans ma vie pour savoir, si j’allais peut-être mieux dans certains points, je pourrai peut-être mieux…non, ce n’était pas très intéressant, j’ai passé beaucoup de temps, non, pas beaucoup de temps (il rit à cause du bruit que font les poules), la poule est d’accord ! C’est bon. Qu’est-ce que je voulais dire…Donc oui, j’ai vu des psychologues, alors peut-être que ça peut marcher pour d’autres mais alors pour moi pas du tout. J’ai vu des conseillers aussi et des conseillères à, comment ça s’appelle, à Fontenay c’est le truc des jeunes pour qu’ils trouvent un boulot, c’est euh…ça je ne m’en souviendrais pas ça…

C: Ce n’est pas grave, c’est un forum ?

S: Non ce n’est pas un forum c’est un truc spécialement pour les jeunes…

C: La mission locale !

S: La mission locale, c’est ça, ils étaient très gentils, très sympas même si quand j’allais là-bas je parlais plus de n’importe quoi d’autre que de boulot et ils ont essayé de m’aider mais finalement c’est vrai que…déjà je ne suis pas cours, du tout donc me proposer…

C: Des études, reprendre des études, non.

S: Non ça m’énerve et ensuite les boulots qui pouvaient m’aller, qu’ils voulaient me…ne m’intéressaient pas plus que ça et c’est vrai que non, il ne m’ont pas vraiment aidé. Je suis un cas isolé.

C: Un cas isolé ! Non, je ne crois pas que tu sois un cas isolé…

S: Non pas un cas isolé mais pour moi ça n’a pas fonctionné, est-ce que pour les autres ça fonctionne je ne sais pas, je ne veux pas dire qu’il ne faut pas y aller.

C: Pour toi ce serait quoi un métier idéal ?

S: Je ne sais toujours pas ! Un métier idéal, ce serait un métier qui allierait de la recherche avec un côté débrouillardise, où je pourrais me déplacer, où je pourrais visiter un peu le monde…

C: Voyager

S: Voyager et où je ne m’ennuierais pas en fait, c’est un truc qui lierait finalement la mobilité, voir des choses toujours différentes en fait et pouvoir réfléchir, c’est ça en fait  pour moi un métier idéal, celui que j’aimerais.

C: D’accord  et alors dernière question, si tout était possible , si tu avais 0 limite, qu’est-ce que tu ferais de ta vie ou qu’est-ce que tu serais ? A part un super héros ! (rires)

S: S’il n’y avait aucune limite, super héros je ne sais pas, hum j’avoue si je n’avais aucune limite… Si je n’avais vraiment aucune limite ? Déjà je me prendrai un endroit tranquille avec une petite forêt, une petite rivière, je me ferais une bonne petite maison peinard loin de tout et je pourrais faire tout ce que je veux à l’intérieur.

Je pourrais me faire une énorme collection déjà de trucs rares, j’en reviens justement aux voyages…et ensuite je pense que je ferais comme quelques personnes au monde qui ont une chance extraordinaire, ce serait de voyager et de pouvoir faire des recherches dans tout ce que je veux en fait. Ce serait aller voir des anciens temples, fouiller le fond des eaux, aller voir des gens, parler avec eux, des petites recherches aussi sur l’être humain, sur leur façon de réfléchir, leur façon de voir, ça je pense que pour moi ce serait vraiment un truc que j’adorerais…

A part ça non. Ah si, faire le tour du monde et manger plein de trucs, ah ça j’adorerais goûter plein de produits exotiques, ça c’est un truc qui me plairait bien.

C: Finalement tu aimes explorer

S: C’est ça

C: Explorer les tréfonds de l’âme humaine et explorer le monde…

S: Ah c’est joliment dit ça. Et j’aime bien… pfff, j’aime bien tout ce qui sort un peu de l’ordinaire, par exemple je suis fasciné par les vieux livres, je recherche désespérément d’anciens ouvrages qui sont difficiles à trouver, je suis allé jusqu’à Lyon, malheureusement je suis arrivé trop tard, un était déjà parti. Mais c’est vrai que je me ferais une belle collection et…

C: D’accord donc tu as le goût de ce qui est rare et mystérieux.

S: Oui, qu’on ne trouve pas partout.

C: Très bien, autre chose à ajouter ? Pour ta défense ? (rires)

S: Pour ma défense ? Ah si c’est bien ça. Il faut toujours suivre ce qu’on veut faire. Finalement l’école c’est peut-être…bien pour la plupart mais ce n’est pas forcément mieux parce que la plupart des gens en vont pas l’aimer ou vont pas tellement…vont s’ennuyer par rapport à ce qu’on nous apprend surtout que l’Education Nationale…n’est pas mon meilleur ami… mais l’école n’est pas une obligation et s’il y a bien un truc qu’il ne faut jamais perdre de vue c’est que la folie c’est très très bien, les gens ne sont pas assez fous, les gens devraient plus être eux, s’amuser finalement et ne pas voir les conséquences, la folie c’est bien, voilà, c’est ce que j’avais à dire.

C: C’est ta conclusion ?

S: Oui

C: D’accord eh bien merci Sven

S: De rien, je vais me faire arrêter après cette vidéo, des hommes en blanc vont venir me chercher…

C: (Rires) Merci ! 

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4 réflexions sur “Mon défi vidéo : le parcours de Sven, 23 ans, orienté en Bac pro Commerce

  1. Bravo Carole pour l’interview tout terrain que tu nous a faite. Encore un de tes talents méconnu. Ensuite merci pour le sketche comique avec les poules. Et enfin si Sven s’ennuie au travail qu’il postule chez Orange, en boutique on ne s’ennuie pas et il y a des relations humaines et de la technique ,bidouillages. A la prochaine…

  2. Je regarde vos videos depuis le début mais, une fois de plus, le son est inaudible.
    J’ai préféré lire la transcription de l’interview de Sven, dommage parce que j’aime bien les supports image.
    Le problème ne vient pas de mon ordi (mais peut être de moi!) car d’habitude je dois en général réduire le son.
    Quant à Sven, son problème est peut-être d’être trop polyvalent ! Difficile de choisir quand on aime trop un jour et moins le lendemain… Avez-vous lu Sylvain Tesson ? Sinon je vous conseille son journal de voyage, cela pourrait vous inspirer

    • Bonjour Anaïs,
      Je suis désolée que vous n’ayez pas pu entendre correctement le son de la vidéo, mais après un petit sondage rapide autour de moi, il semblerait que vous soyez la seule à avoir ce problème…j’essaierai cependant d’augmenter le son sur les prochaines vidéos. Merci de votre implication et pour le conseil délivré à Sven 😉

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