Se construire, un chantier permanent

La construction personnelle
Crédits photos : Pixabay, montage Yllae Sandrine Besson

Lorsqu’on est adolescent ou parent, la construction personnelle est un sujet encombrant. Encombrant au sens premier de ce mot, à savoir « qui prend de la place ». 

Car savoir qui on est n’est pas toujours une mince affaire, et savoir qui on veut devenir peut être encore plus compliqué.

Qui suis-je ? 1 – Les fondations

Qui suis-je ? Vaste question…

Commençons par le premier élément de l’équation : l’aspect corporel. Connaître et accepter notre corps sera en effet une base essentielle de notre construction.

Car notre corps nous sert à nous nourrir, physiquement et psychologiquement. Il nous sert également à avancer (ou à reculer). C’est lui qui nous permet de ressentir le monde et d’interagir avec lui. Parler, présenter un exposé ou être interrogé à l’oral, sont aussi des éléments physiques. 

L’aspect corporel représente en cela les fondations de notre construction personnelle.

On peut toujours (a)grandir sans connaître en détail les fondations d’un bâtiment / d’une personne, mais cela représente plusieurs risques et limitations :

– comment savoir jusqu’où je peux me développer, si je n’ai pas conscience de mes forces et de mes faiblesses ?

– comment savoir quelle est l’énergie disponible ? Les disciplines chinoises d’équilibre des énergies, sur lesquelles je m’appuie visent à augmenter ou conserver la longévité. Ne pas gaspiller une grande quantité d’énergie rapidement, mais avoir une quantité suffisante d’énergie sur le long terme. Envisager l’avenir, le préparer, le préserver, sans oublier de vivre aujourd’hui.

Connaître notre corps permet aussi de nous alléger l’esprit, en sachant mettre à leur place les évolutions naturelles de notre corps. 

La connaissance est la première étape menant à l’action. Est-ce que cet état est normal ? Oui ? Alors c’est réglé, je n’ai plus à y penser. Non ? Alors je dois me pencher sur le problème, et voir quelles solutions sont disponibles…

Quelques conseils pratiques :

Faites le tour de votre corps. Notez ce qui fonctionne bien et soyez reconnaissant pour ce qui va bien. Cela vous aidera à garder à l’esprit que vous devez le soigner pour en profiter le plus longtemps possible.

Notez ensuite ce qui ne va pas. Lorsque vous êtes au repos, tranquille, et lorsque cela ne se passe pas comme prévu. Réfléchissez pour noter la chronologie. L’insomnie de votre ado avant un examen, les maux de ventre au moment d’un contrôle, la voix sèche pour un oral, vos mains qui tremblent avant d’aller voir votre patron… Ce qui apparaît avant, pendant ou après un évènement. Ce qui est permanent.

Voyez quelle action vous pouvez avoir sur les problèmes notés. Etre à l’aise à l’oral se travaille, par des exercices, pour poser sa voix, avoir confiance en soi, retenir son discours… Le stress peut être diminué par des exercices de détente, de sophrologie, de respiration… D’autres problèmes nécessiteront eux un suivi médical ou thérapeutique…

Quoi qu’il en soit, faire l’état des lieux de vos forces et faiblesses physiques vous permettra de bien vous positionner sur VOS fondations. Pas sur celles que vous aimeriez avoir ou celle de votre voisin. Sur les vôtres. Car ce sont elles qui vous permettront de vous construire d’une manière équilibrée. 

Qui suis-je ? 2 – La structure

Une fois posées les fondations corporelles de notre individualité. Il est temps de monter la structure.

Dans une construction traditionnelle, cela correspond à la mise « hors d’eau, hors d’air ». Tout ce qui est nécessaire mais non suffisant à rendre un bâtiment habitable (murs, toiture, portes et fenêtres).

Pour notre construction personnelle, cela correspond à notre héritage humain, familial et sociétal, ainsi qu’à nos potentiels individuels. 

Notre héritage familial c’est l’hérédité ancestrale, mais aussi l’héritage humain (se tenir debout, parler, respirer…) qui sont les fondations dont j’ai parlé précédemment. L’héritage sociétal, c’est l’empreinte que nous avons, en fonction de notre pays de naissance, de notre milieu familial, de notre période de naissance.

Le mélange de tous ces paramètres nous donne un espace unique, prédéfini, mais qu’il nous reste à investir. 

Cette structure est en quelque sorte incluse dans le package de départ, car tous ces éléments sont encodés dans notre ADN dès la naissance.

Il arrive parfois que nous n’ayons pas ces informations, ou qu’elles soient partielles suite à des aléas de vie, des secrets enfouis ou des traumatismes. Rassurez-vous, comme pour les fondations, cela n’empêche pas la poursuite de la construction, mais cela peut compliquer les choses.

Il faut alors être plus attentif à nos actions, pour faire des essais en douceur et avec bienveillance.

Quelques conseils pratiques :

– Comment connaître sa structure ? En se renseignant sur sa famille et son pays, en observant ce qui se passe autour de nous. En posant des questions et en ayant des réponses à nos questions, même si la réponse est « je ne sais pas ». Mieux vaut une réponse incomplète que pas de réponse.

– Soyez indulgent envers vous-même comme envers les autres. Utilisez la bienveillance. Acceptez ce qui est. Ne jugez pas vos faiblesses, mais regardez vos forces. Celles qui vous permettront d’avancer, d’aller plus loin, plus haut… et de construire la vie que vous souhaitez.

Qui suis-je ? 3 – La décoration

J’ai une belle structure, des fondations solides. Et maintenant ?

Maintenant, j’investis l’intérieur. J’aménage, je décore, je m’installe. 

Tout cela, ce sont mes expériences de vie. Les grandes et les petites. Chaque instant de ma vie. Chaque décision que j’ai prise, chaque choix que je n’ai pas fait.

De l’extérieur, on a l’impression que tout est fait. La toiture est solide, les fenêtres laissent entrer la lumière. Mais si vous prenez un moment pour vous approcher, vous verrez qu’à l’intérieur, ce n’est que le début du chantier !

Ce n’est pas une mince affaire, un aménagement intérieur. Il faut que chaque pièce soit à sa place.

Il faut aussi tenir compte des contraintes des fondations (les forces et faiblesses corporelles) et de la structure (les données héréditaires et l’héritage).

L’ensemble que nous avons à aménager a des limites, et il y a parfois trop de monde sur le chantier. Les pressions familiales ou sociétales prennent parfois trop de place pour permettre à quelqu’un de trouver ce qu’il souhaite installer dans son espace. 

Les problèmes de chantier récurrents et les pistes de solutions :

les délais non tenus : il faut savoir s’adapter. Se rappeler que tout le monde trouve normal les retards dans le bâtiment (même s’ils ne sont pas appréciés), alors que dire pour la construction personnelle d’un adolescent ? Ne trouvez vous pas que cela vaut le coup d’y passer un peu de temps ?

les ingérences extérieures : tout le monde a un avis sur la question, et certains ne se privent pas de le partager. Sachez faire le tri. Ecouter les avis. Retenir ceux qui sont intéressants et constructifs. Evaluer par vous-mêmes si cela peut vous intéresser et aider la construction. Mais ne laisser personne décider à votre place « in fine », car c’est vous qui allez vivre chaque jour avec ces choix.

la difficulté à choisir : au début de l’aménagement, on ne sait pas toujours où on va. Ce n’est ni grave, ni une raison pour laisser quelqu’un d’autre choisir. Vous avez plusieurs choix. Faites en un. Celui qui est le plus juste pour vous aujourd’hui. Ne laissez ni hier ni demain décider à votre place. Vivez le moment présent, car c’est celui qui compte. Et gardez à l’esprit que si demain vous avez changé d’avis, vous pourrez refaire la déco… Quelquefois il suffit de repeindre un mur, parfois c’est plus long et plus compliqué, mais vous êtes maitre des lieux, et vous avez le droit de choisir et de changer d’avis !

Se construire, un chantier permanent – Pour conclure

Nous sommes tous des individus uniques, avec notre vécu, notre histoire, nos envies et nos aspirations, mais nous sommes surtout des individus en perpétuelle construction et en évolution permanente. 

Car chaque instant qui passe nous apprend quelque chose de nouveau. Nous ne sommes plus tout à fait la personne que nous étions hier, et pas encore celle que nous serons demain.

Laissons-nous alors la légèreté de vivre. De tester, d’essayer, de recommencer. De suivre notre chemin, sans débordements excessifs qui consumeront notre énergie, mais sans appréhension. En ayant confiance en notre capacité d’apprentissage et d’évolution. 

Car la connaissance et l’acceptation sont les préliminaires au changement. Alors tant que je peux apprendre, je peux changer et continuer de me construire…

Sandrine, auteure du blog Yllae Feng-Shui ainsi que du blog Ma vie, ma déco.

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1 comment / Add your comment below

  1. Bonjour, je like votre article.
    Par.2, j’aurais écrit « soyez exigeant avec vous-même plus qu’envers autrui. Evaluez vos faiblesses pour en faire des forces. Les obstacles sont faits pour être dépassés, les défier, les porter – comme dirait E. Macron – permet de se mesurer aux autres et donc à soi-même. Apprendre aux ados à se faire confiance, à ne pas avoir peur de l’inconnu, mais à prendre des risques à condition de les calculer AVANT. Le dépassement de soi est une vertu, non ?
    A vaincre sans péril on triomphe sans gloire : en préférant le triomphe à la gloire

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