Il n’est jamais trop tard pour trouver sa voie

Le témoignage d'Emeline

Voici le témoignage d’Emeline, créatrice du blog Petit enfant deviendra grand

Elle a souhaité également témoigner du parcours d’un ami, Cédric, qu’elle jugeait intéressant et que vous trouverez à la suite.


Collège et premier stage

« J’ai toujours été « scolaire », je ne me souviens plus si la question de mon orientation s’est posée au collège… 

Nous avions tout de même un stage à faire en entreprise. J’ai choisi de me tourner vers un domaine qui me passionnait : les voyages. J’ai donc effectué une semaine de stage d’observation dans une agence de voyage. Et là… déception… c’était beaucoup moins exotique que ce que j’imaginais. S’il y avait des avantages sur les prix des voyages par exemple, le métier consistait surtout à en chercher sur son ordinateur. Cela ne me correspondait pas et j’ai alors pris conscience de l’importance de faire des stages pour découvrir un métier

Seconde générale et deuxième stage

Je suis ensuite allée en seconde générale. Nous avions à nouveau la possibilité d’effectuer un stage en entreprise. J’ai choisi le deuxième domaine qui m’attirait : le paramédical. J’ai donc pu découvrir le milieu d’un laboratoire et d’une pharmacie en milieu hospitalier. Et là encore, merci le stage… A la pharmacie, la plus grande partie du travail était de ranger des médicaments et au laboratoire, de mettre des tubes à essai dans des machines.

Je précise que je ne suis restée que quelques jours lors de ces deux stages et que j’ai dû voir une partie seulement des métiers. Je ne compte en aucun cas dénigrer ceux qui le font, c’est plutôt que ces métiers tels que je les ai découverts ne me correspondaient pas…

Cursus scientifique au lycée

Après ma seconde générale, j’ai ensuite enchaîné en première scientifique parce que c’était là qu’on allait quand on était plutôt « scolaire » pour ne pas se fermer de porte. J’ai alors commencé à ne plus vraiment apprécier les maths et la physique même si j’aimais beaucoup les sciences de la vie et de la Terre… J’ai failli faire une terminale littéraire à la suite de ma première scientifique… Mais là, pour le coup, c’était la philosophie qui me faisait peur… 

Je ne me suis jamais sentie scientifique ou littéraire, ni l’un ni l’autre ou un peu des deux selon son angle de vision…

Université

J’ai voulu continuer en sciences de la vie… Mais j’ai compris qu’il y avait une partie importante à consacrer aux maths donc j’ai abandonné l’idée !

Du coup, je suis partie à la fac en psychologie. J’ai été passionnée par mes études. J’avais trouvé quelque chose qui me correspondait vraiment. Ni trop scientifique, ni trop littéraire, chaque cours répondait à une multitude de questions parmi toutes celles que je me posais… Les cours étaient tellement variés ! Il y a beaucoup de théorie mais qui se vérifie ou s’applique au quotidien donc « utile ».

Métiers

A un moment donné, j’ai envisagé de devenir psychomotricienne. Après avoir discuté avec une professionnelle qui m’en a découragé, j’ai mis de côté cette idée… Elle souhaitait en fait me faire comprendre que si c’était possible, il valait mieux continuer ses études de psychologie pour avoir une meilleure reconnaissance… 

Si les études me passionnaient, je ne voulais pour autant pas devenir psychologue. Je ne me sentais pas capable de gérer la détresse de personnes avec qui je n’ai pas de lien affectif (sans que cette détresse m’anéantisse) et donc de pouvoir les aider… 

Je venais de passer l’écrit du concours de psychomotricienne, je ne suis pas allée à l’oral. Avec le recul, je me demande pourquoi j’ai voulu faire ce métier, ayant du mal à me confronter à ce genre de difficultés…

Mon choix définitif (enfin, à l’époque…) : professeur des écoles

Je ne sais plus à partir de quand j’ai souhaité devenir professeur des écoles : le lycée ? Les premières années de fac ? Quand j’ai commencé à faire de l’animation en maison de l’enfance et centre aéré ? 

Toujours est-il que j’ai eu comme un déclic : je voulais apporter quelque chose aux autres, mais hors médical ou paramédical, j’avais trouvé ce que je voulais faire !

Je n’ai pas rencontré d’enseignant, je n’ai pas fait de stage parce que ce métier, comme la plupart des gens, je pensais le connaître. J’ai bien dit « je pensais » … 

Après ma licence de psychologie, je suis entrée à l’IUFM (institut universitaire de formation des maîtres, l’école pour devenir professeur des écoles, qui a d’ailleurs un autre nom maintenant). J’ai fait mon année de préparation au concours, je l’ai obtenu. Je me suis retrouvée professeur des écoles stagiaire, en deuxième année à l’IUFM. Cette année-là, nous avions des cours, des stages (nous remplacions des enseignants pendant deux ou trois semaines sur une classe) et un mémoire à rendre (entre autres…).

J’ai trouvé que l’enseignement y était très infantilisant. J’avais aimé la fac pour la liberté que l’on y avait : on travaillait quand on voulait, on était des « grands ». Là, je me suis sentie considérée à nouveau comme une enfant. Je sais que tout le monde n’a pas ce ressenti, cela dépend peut-être aussi des IUFM. Je n’ai pas aimé non plus le contenu des cours… En première année par exemple, on n’apprenait pas vraiment la pédagogie. On « révisait » un peu le programme de ce qui est enseigné à l’école mais on apprenait surtout à préparer le concours donc à savoir faire une synthèse de textes par exemple… ce dont je n’allais plus vraiment me servir ensuite…

A l’issue de ma deuxième année, j’ai obtenu mon diplôme (c’était la validation du concours en fait).

Dans la vie active…

Ca y est, j’étais dans la vie active… C’est à ce moment-là que mes désillusions ont vraiment commencé… Peut-être justement parce que je pensais connaître ce métier : comme tout le monde, je suis passée par l’école donc je me suis retrouvée face à des professeurs bien avant d’en devenir une. Mais je n’avais aucune idée d’un certain nombre de choses qui ont contribué à éteindre petit à petit la flamme que j’avais…

Ce n’est pas arrivé tout de suite, non, c’est vraiment venu petit à petit.

Il y a quelques années, alors que je me posais déjà des questions sur mon travail, j’ai rencontré une conseillère d’orientation en Suisse qui m’a beaucoup aidée. Elle m’a demandé de faire la liste de ce qui me faisait rêver dans la vie. Le but était de voir si c’était compatible avec mon métier actuel. Elle m’a ensuite conseillé d’écrire tout ce qui me dérangeait dans mon travail en essayant pour chaque chose de trouver une solution. C’était très intéressant et je conseille à toutes les personnes qui doutent dans leur travail de le faire. Après, il arrive que tout « colle » sur le papier mais que l’énergie ne soit plus là malgré tout !

Là où j’en suis actuellement !

J’ai vraiment été passionnée au départ par mon métier de professeur des écoles ! Ce que je ressens aujourd’hui pour mon métier contraste tellement avec ce que je ressentais au départ que je fais actuellement une « pause » dans ma carrière. J’en profite pour consacrer du temps à ma fille, bien sûr, mais aussi pour travailler sur un autre projet pour une éventuelle mais probable reconversion. Comme quoi, à plus de trente ans, il est tout à fait envisageable de se réorienter…

J’ai maintenant beaucoup plus de recul sur ce que je veux faire et ne pas faire. Je sais qu’il y a des choses que je veux garder dans le métier de professeur des écoles et d’autres dont je ne veux plus entendre parler… J’ai donc choisi de rester dans le domaine de la parentalité parce que je trouve toujours aussi passionnant et enrichissant de travailler avec des enfants (directement ou indirectement). J’aime les enfants de tous âges, les tout-petits, qui sont tout juste nés ou même qui sont encore bien au chaud dans le ventre de leur maman… C’est pourquoi je me forme aujourd’hui pour devenir conseillère en périnatalité et parentalité. Je souhaite accompagner les futurs parents et les parents (préparation de l’arrivée d’un bébé, du retour à la maison etc), en complément du suivi médical. Je suis sûre que j’aime toujours enseigner et j’y reviendrai sûrement, d’une façon ou d’une autre, mais pas dans les mêmes conditions que celles que j’ai vécues.

Je voudrais donc me servir de ce que je connais pour pouvoir rebondir en gardant ce que j’aime

Bilan de mon orientation

Comme j’étais « scolaire », j’ai avancé dans mon orientation en choisissant les voies qui m’offraient le choix le plus large possible. Je ne regrette pas ! Ce qui m’a aidé à faire des choix, ce sont surtout les stages. Je pense que c’est indispensable d’en faire avant de se lancer dans un métier. Mon métier de professeur des écoles, s’il m’a passionnée au début et apporté beaucoup de choses, a fini par ne plus me correspondre. Est-ce que je me suis « trompée » en le choisissant, est-ce que j’ai changé, est-ce que j’ai « juste » besoin de faire une pause, les réponses sont assez floues pour l’instant. Mais en tout cas, je pense qu’il n’est jamais trop tard pour modifier son parcours… »


L’exemple de mon ami Cédric

Orientation première partie

« Cédric est l’exemple « type » du bon élève, scolaire, qui a continué dans les voies où l’on risque le moins de se fermer de porte. Il rêvait d’être professeur des écoles, comme moi. Il a donc enchaîné le collège, le lycée avec un cursus scientifique, la fac avec le DEUG de sciences de la vie, la licence pluridisciplinaire puis la première année d’IUFM. 

Il a fait sa licence en quatre ans car pour lui, la liberté de la fac l’a rendu « un peu trop libre » … C’est à l’issue de sa première année d’IUFM que les choses se sont vraiment compliquées. Il n’a jamais obtenu son concours. Ce n’est pas faute de l’avoir passé, mais je pense pouvoir dire qu’il ne l’a jamais révisé « à fond ». Il n’arrive plus à savoir combien de fois il l’a tenté… Mais un jour, il a fallu se rendre à l’évidence, cela devenait de l’acharnement. C’était comme un cercle vicieux. Plus il passait le concours, plus son classement chutait et plus il perdait confiance en lui et ainsi de suite. 

Il travaillait à côté comme assistant d’éducation, histoire d’avoir un revenu.

Orientation deuxième partie

A cette époque, je l’ai incité à chercher à faire autre chose qui lui correspondrait vraiment. Passionné d’informatique, il a fini par chercher (à reculons) des formations pour adultes dans ce domaine. Il en a trouvé une mais la liste d’attente était très longue…

C’est alors qu’il a eu un énorme problème de santé. Il s’est retrouvé en arrêt de travail pendant presque deux ans. Il a dû se battre pour pouvoir remarcher et sa volonté de fer a payé : il a réussi. Et lorsque les médecins ont jugé qu’il pouvait reprendre une activité professionnelle… une place s’est libérée pour la formation sur laquelle il était sur liste d’attente…

Il est alors parti plusieurs mois à l’AFPA de Grenoble Pont de Claix pour suivre cette formation. Il dormait sur place, il avait des « pavés » à lire dans lesquels on trouvait des choses incompréhensibles pour moi puisqu’il s’agissait d’informatique, cours qui auraient déjà été compliqués en français mais qui étaient de plus rédigés en anglais.

Sa maladie, paradoxalement, lui avait redonné confiance en lui (ou plutôt le fait de l’avoir combattue) et il avait trouvé quelque chose qui le passionnait. Le cercle vicieux s’est transformé en cercle vertueux. Il a obtenu son diplôme de technicien supérieur de support en informatique. Il avait effectué un stage dans une entreprise qui lui a ensuite proposé un CDD. Puis, il a postulé dans une autre entreprise pour un poste qu’il a obtenu en CDI. Depuis, il a passé des certifications en interne et a gravi les échelons. Il est maintenant responsable du service informatique de son entreprise (du support et de l’infrastructure) qui est internationale. Il adore son travail (même si ce n’est pas facile tous les jours hein…) et a été amené à se rendre à Pékin, à Tokyo etc… 

Finalement, il ne regrette pas de ne jamais avoir eu son concours de professeur des écoles

Un bilan finalement très positif !

J’avais vraiment envie d’écrire ce témoignage pour donner de l’espoir à tous ceux qui doutent ou qui ont l’impression d’échouer dans ce qu’ils font. Sur le moment, c’est sûr que c’est très difficile. Mais je suis persuadée qu’il existe pour tout le monde un chemin qui lui convient, même si ce n’est pas celui que l’on a choisi au départ. Donc il ne faut jamais se décourager, essayer d’écouter quels sont ses réels souhaits. Et il n’est jamais trop tard pour se réorienter et être heureux dans son travail… »

Réagissez au témoignage d’Emeline dans les commentaires ! 😉

Et si vous aussi, en tant que lecteurs et/ou abonnés, vous souhaitez témoigner sur votre vécu en matière d’orientation ou celui de votre/vos enfant(s), il vous suffit de m’envoyer votre témoignage à carole@jaimemonavenir.com avec votre prénom, votre âge et votre lieu d’habitation.

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