La rue perdue

J’habite dans une impasse. J’y suis même née, ma mère ayant fait le choix d’accoucher à la maison. Impasse du bureau.  La vie s’est chargée de me donner une première leçon voyez-vous. Le bureau, ça n’est pas fait pour toi. Quand tu devras choisir un métier, fuis les boulots dans lesquels tu passes des heures derrière un bureau ! En revanche, ce que je n’avais pas compris jusqu’à aujourd’hui, c’est que la vie m’a prédestinée à l’impasse. Tu es né dans une impasse, tu demeureras dans une impasse, tu es une impasse à toi seule ! 

C’est comme être née et habiter dans la rue Perdue, mais si, je vous assure, elle existe ! Rendez-vous compte,  » Excusez-moi,  je cherche la rue Perdue « … Mais surtout, être condamnée à être perdue, toute sa vie durant…c’est moche ! Non, il y a décidément des endroits maudits où personne ne devrait naître et grandir ! 

Bref, je suis un cul de sac. Sur le plan amoureux d’abord. Sinon comment expliquer que les mecs fassent tous demi-tour ? 

Mais le pire, c’est sur le plan des études…J’enchaine les réorientations et mes parents se rongent les sangs ! Après un bac ES obtenu de justesse, je me suis inscrite, sur les conseils de ma mère, en licence AES. Après un BAC ES, ça semblait logique et une de mes profs m’avait dit que cette licence ouvrait beaucoup de portes…(en fait, c’est vrai qu’étant généraliste, elle laisse de multiples possibilités à qui ne sait pas ce qu’il souhaite faire au sortir de la Terminale ). C’était aussi l’avis de ma mère alors…Sauf que j’avais oublié que mon karma m’interdit de me consacrer à la vie de bureau ! La vie (encore elle) me l’a rappelée lors de mon premier stage en L2…et puis la fac et ses amphis surchargés, j’avais du mal.

Je me suis donc réorientée et après avoir discuté avec des amis, je me suis lancée dans un DUT INFOCOM avec l’idée de me spécialiser plus tard dans l’évènementiel. Entre nous, si j’ai été prise, c’est parce que mon père avait un contact bien placé au sein de l’IUT parce qu’avec un dossier comme le mien, ça n’était pas gagné…L’évènementiel, voilà un secteur qui bouge m’étais-je dit !

Je suis actuellement en licence pro management de projets évènementiel et on peut dire que je réussis plutôt bien. Seulement, je sens que je ne suis pas faite pour ça…Non pas que ce soit inintéressant mais je sens au fond de moi que je ne suis pas vraiment à ma place. En fait, ça bouge un peu trop ! Enfin, il y a trop de stress quoi dans ces boulots là, je n’ai pas les épaules moi !

Et puis, je me suis souvenue il y a peu de temps de moi petite, arpentant de belles demeures, des châteaux, d’anciennes tours moyenâgeuses à l’occasion de balades culturelles en famille. Je m’imaginais alors propriétaire des lieux, et dans des époques parfois lointaines. A ce jeu là, je pouvais y passer des heures. J’entendais le bruit des chevaux sur les pavés, je sentais les regards se tourner vers moi lorsque je descendais telle une princesse le majestueux escalier de pierre du château dans lequel je me trouvais. Je me souviens surtout du sentiment de joie et de sérénité que j’éprouvais alors. Pourquoi, je n’en sais rien. Mais cela me laisse penser que je suis faite pour la vie de château ! Comment y parvenir, telle est la question…je n’ose parler de mon désenchantement actuel à mes parents, j’ai tellement peur de les décevoir ! 

En même temps, c’est de leur faute ! Ils n’avaient qu’à choisir de me faire naître ailleurs ! C’est clair, tout est de leur faute. Je vais donc leur dire et il va falloir qu’ils assument ! Peut-être un déménagement ? Oui, c’est ça, dans un château !

Réagissez à cette histoire ! Qu’est-ce qu’elle vous évoque ? 

4 comments / Add your comment below

  1. Drôle et plaisant mais alors on se demande : finalement vers quoi vous orientez-vous et quelle filière empruntez-vous finalement ???
    Bonne chance à vous

    1. Bonjour Annie, merci pour votre commentaire. Je comprends en le lisant et en lisant également celui que vous aviez laissé en dessous du précédent récit que j’ai publié (http://www.jaimemonavenir.com/jma/je-suis-re-ne-histoire-etudiant-medecine/), que vous pensez qu’il s’agit de l »histoire de véritables personnes. Or ces récits autour de l’orientation sont nés de mon imagination ! L’expérience qui est la mienne depuis des années dans ce domaine m’inspire évidemment, ce qui explique peut-être votre sentiment de réalisme ! Et tant mieux ! Dans tous les cas, encore merci pour votre fidélité !

  2. Bonjour,
    une histoire qui me ressemble…Et qui me fait penser à mon histoire.
    Oui parfois ça prend du temps pour trouver sa voie, et on peut passer par plusieurs phases
    Oui parfois, une fois qu’on a trouvé sa voie, il faut ensuite continuer à faire son chemin, sélectionner entre les projets ceux qui nous plaisent et ceux qu’on ne sent pas, les environnements de travail dans lesquels on est bien ou pas, apprendre à sentir les gens avec qui on est amené.e à travailler. En l’occurrence pourquoi ne pas chercher à faire de l’événementiel dans un secteur de belles demeures ? La promotion du tourisme patrimonial ? Il y a sûrement de l’activité vers là…Le tout est de trouver et de rencontrer les bonnes personnes.
    Enfin l’insatisfaction profonde vient parfois aussi d’autre chose que le travail, et là, ça peut valoir le coup de se faire aider par un psy pour y voir plus clair…Si on arrive à trouver des clés dans la vie personnelle, ça aidera à se sentir mieux dans la vie professionnelle. En l’occurrence la personne qui raconte son histoire a l’air d’être très dépendante de ses parents, peut-être faudrait-il commencer à vivre sa vie par soi-même ? Voire partir un moment à l’étranger pour se tester en live en environnement inconnu…
    Tout le meilleur pour sortir de la rue perdue ! A moins qu’on ne s’appelle Borgès… 🙂

    1. Bonjour Eglantine, merci d’avoir partagé votre perception de cette histoire. Je dois toute de même vous signaler que c’est une fiction née de mon imagination et de mon vécu de blogueuse et de consultante en orientation et insertion professionnelle. Si cette histoire vous ressemble, alors j’en suis heureuse, cela signifie qu’elle est réaliste…Et vous avez tout à fait raison lorsque vous suggérez la piste du patrimoine. Pour quelqu’un de diplômé dans le domaine de l’événementiel, c’est une piste qui s’impose d’elle-même !

Laisser un commentaire

Soyez prévenu(e) dès que je publie un nouveau contenu et recevez gratuitement mon guide Cliquez ici
Hello. Add your message here.