Mon défi vidéo : Julien, 23 ans, souhaite se lancer dans l’entreprenariat

Retranscription de l’interview


C: CaroleJ: Julien

J: Bonjour, bienvenue sur le blog jaimemonavenir.com, aujourd’hui je vais participer à la 9ème interview du défi vidéo de Carole, la créatrice du blog, bonjour !

C: Bonjour Julien ! (rire), alors merci d’avoir fait une petite présentation à ma place !

J: Ben c’est la division du travail, c’est normal…(rires), il faut bien participer un petit peu à la vidéo !

C: Super ! Alors Julien, merci d’avoir accepté déjà d’être interviewé…

J: Pas de problème !

C: Alors tu vas nous expliquer ce qu’a été ton parcours scolaire depuis le collège déjà…

J: Alors mon parcours scolaire depuis le collège…moi on m’a orienté en fait en filière générale parce que j’avais déjà un objectif étant petit, je voulais faire enseignant, donc on m’a conseillé de faire la filière générale donc je suis allé en filière générale et comme je voulais devenir à la base enseignant en mathématiques, j’ai donc choisi de partir en seconde scientifique pour évoluer un petit peu et finalement décider de m’orienter en physique chimie parce que je déteste les cours, je déteste rester assis et écouter ce qui se passe. J’aime faire des choses et c’est le moment où en seconde, arrivent les classes de travaux pratiques, donc c’était là le plus intéressant pour moi, c’était justement faire l’expérience jusqu’au bout, manipuler, voir ce qui arrive et pourquoi.

Donc j’ai voulu progresser dans cette filière et en fait en Terminale, donc un peu l’année décisive, on m’a dit…enfin, mes notes en physique chimie n’étaient pas très bonnes, c’est-à-dire je ne vais pas vous mentir, j’avais 4 de moyenne en physique-chimie, donc ce n’était pas top mais en spé physique-chimie j’avais 12 de moyenne. Donc le hic était est-ce que je n’étais pas bon ou est-ce qu’il y avait quelque chose que je ratais. Et il s’est avéré que c’était plus quelque chose que je n’arrivais pas à comprendre sur l’instant parce qu’au final, au niveau de mon Bac j’ai réussi à avoir 12 de moyenne donc ce qui fait que j’étais plutôt dans la haute moyenne mais malheureusement j’avais choisi de m’orienter en biologie parce que j’avais de meilleures notes et je m’étais dit que plus tard je pourrais rattraper grâce à des passerelles que me permettrait la licence…

C: Je vais te stopper une petite minute pour reformuler un petit peu tout ça déjà…donc tu t’es orienté vers la filière S parce que tu envisageais d’être enseignant en mathématiques…

J: C’est ça…

C: Par contre, les cours, ça n’était pas trop ta tasse de thé…

J: Pas du tout !

C: Alors en physique-chimie, tu avais plutôt des notes très basses, en tous cas en Terminale…

J: En tous cas en Terminale oui…

C: En mathématiques ça se passait comment ?

J: En mathématiques, j’avais tout juste la moyenne

C: Tout juste la moyenne et en biologie ?

J: Tout juste la moyenne !

C: Tout juste la moyenne d’accord, donc tu étais plutôt moyen…

J: Plutôt moyen et très mauvais en langues ! (rire)

C: Du coup tu t’es dit plutôt la biologie pour après, pour le post-bac ?

J: C’est ça, pour le post-bac, je me suis dit que la biologie me permettrait de gratter des points suffisamment pour décrocher ensuite le master, qui me permettrait d’enseigner au niveau que je voulais c’est-à-dire dans le collège pour être prof agréé. Et je m’étais dit ben j’ai juste à tricher un peu, à décrocher n’importe quel master et je pourrai arriver où je veux.

C: Mais du coup, tu envisageais de devenir enseignant en biologie alors, en SVT ?

J: En fait non, en physique-chimie

C: En physique-chimie…

Z: En fait, au collège, la physique-chimie est un peu mélangée avec les SVT, ils regroupent ça en une seule grosse matière, après depuis ça a peut-être été divisé mais quand j’étais plus petit, il y avait moyen de tricher ! (rire)

C: C’était il n’y a pas si longtemps quand-même, tu as 23 ans…

Z: C’était il n’y a pas si longtemps c’est vrai. J’ai 23 ans. Après, je ne sais pas comment vont évoluer les choses. Déjà moi, j’ai été suivi de très près par la Réforme. D’ailleurs quand j’ai redoublé ma licence, j’ai mangé la Réforme scolaire ce qui fait que j’ai redoublé définitivement la dernière année de ma licence et que j’ai décidé d’abandonner parce que tout simplement je n’aimais pas la biologie donc ça ne servait à rien que ça continue là-dedans, je savais que je n’irai jamais au bout des cours et que je raterais toujours à 0,01 point l’examen qui m’a empêché de passer. Du coup, avec le temps, les besoins de la société avaient un peu évolué et les miens aussi. J’avais envisagé d’être un peu plus utile, parce qu’à cette époque là, l’enseignement avait déjà recruté pas mal et je me suis dit peut-être qu’ils n’auront plus besoin d’enseignants alors je me suis dit..

J’aime enseigner, j’aime transmettre des choses alors je vais tenter quand-même le métier d’enseignant et j’ai travaillé en fait pendant 9 mois avec Zup de Co, c’est une association qui donne des cours supplémentaires aux enfants directement dans les collèges c’est-à-dire qu’ils sont là pour…

C: Des cours de soutien

J: C’est ça, des cours de soutien. Aider pour les devoirs, réexpliquer les cours, même prendre le temps juste de revoir la leçon. Ben, tout le monde en fait n’a pas les moyens de le faire chez soi. Moi-même j’étais pas vraiment aidé plus petit parce que ma mère ne comprenait pas trop, n’avait pas toujours le temps et il y avait le grand-frère qu’il fallait aussi aider donc j’ai du un peu me débrouiller et je me suis dit j’aurais bien aimé avoir ça, c’est pour ça que j’ai participé à cela et au final, après ces 9 mois avec eux, ils ne m’ont pas renouvelé parce que le service civique ne peut garder les gens que 1 an.

C: Ah c’était dans le cadre d’un service civique...

J: C’est ça. Et du coup, bien que j’ai essayé de continuer avec eux, ils n’ont pas pu me prendre, alors je n’ai jamais eu les raisons mais de toute façon ça ne m’aurait pas plu parce qu’en étant avec eux, j’ai dû faire du recrutement étudiant pour qu’on ait des étudiants qui viennent aussi expliquer aux plus jeunes parce qu’on aurait pas été assez nombreux. Et en fait je me suis rendu compte que c’était ça que j’aimais. Moi j’aimais le contact avec les gens. J’aime aller vers les gens et entamer le dialogue, voir ce dont ils ont besoin et aussi essayer de trouver ce dont moi j’ai besoin. Et du coup, je m’étais dit qu’il faudrait que j’aille dans quelque chose qui soit plus dans ce style.

Mais j’avais déjà un projet mais c’était un peu en contradiction parce que mon dernier projet ça va être d’ouvrir un bar parce que je veux pouvoir avoir mon endroit à moi que je gérerais comme je veux et où les gens auraient le temps de s’asseoir, se poser. J’ai une vision très à l’ancienne du bar où les gens viennent et passent leur journée ici, un truc qui ne se fait plus…

C: Leur journée ?

C: Carrément !

C: C’est-à-dire qu’ils ne travaillent pas, ils sont en week-end ! (rire)

J: Ils ne travaillent pas, ils sont en week-end quand ils viennent chez moi !

C: D’accord, donc tu ne seras ouvert que le week-end ! (rire)

J: Non je serai ouvert tous les jours, tout le monde n’a pas le week-end au même moment, moi mon week-end en ce moment c’est dimanche lundi…

C: Je blague !

J: Pour tout le monde c’est samedi dimanche, voire un petit peu vendredi…

C: Alors attends, Zup de co, c’était quand ça ?

J: J’avais 20 ans, donc c’était il y a 3 ans tout simplement

C: D’accord, et donc à la suite de Zup de co tu as fait quoi ?

J: A la suite de Zup de co, j’ai passé 6 mois à ne rien faire parce que je ne trouvais pas de travail, je ne trouvais pas ce qui me plaisait donc j’ai un peu patouillé, j’ai testé de travailler dans les fast-food, je n’ai pas été pris (rire), je suis un des seuls à pouvoir dire fièrement qu’il a été refusé à Mac Donald pour je ne sais quelle raison, et du coup je n’ai pas pu essayer…

C: Tu avis quel diplôme en poche en fait à ce moment là ?

J: J’avais le Bac

C: Juste le Bac S

J: Maintenant j’ai toujours le Bac S et c’est tout ce que j’ai, non j’ai la formation Barman mais disons que ce n’est pas…

C: Oui ce n’est pas une qualification reconnue…

J: Disons que c’est au même niveau que le Bac, c’est ça, c’est reconnu ailleurs mais pas comme un diplôme, pas l’équivalent d’un DUT ou autre chose, donc je suis niveau Bac et je ne savais pas trop quoi faire et j’ai eu de la chance parce que l’un de mes amis de fac m’a permis de travailler au Joker de Paris, alors ceux qui suivent les vidéos savent de quelle boutique on va parler et j’ai travaillé là-bas pendant 1,5 an.

C: Donc une boutique de jeux

J: C’est ça une boutique de jeux de société, et donc pendant toutes ces années, j’ai pu en fait améliorer mon sens du dialogue, mon sens social, aller vers les gens parce qu’on ne dirait pas comme ça mais moi j’ai démarré j’étais très timide, c’était le bonjour à demi-voix que l’on n’entend pas et juste le signe de tête et c’était tout…Aller vers les gens pour parler, non. Je n’aimais pas ça, j’avais peur, je me disais qu’est-ce qui va se passer et je ne le faisais juste pas.

C: Disons que tu avais peur, tu manquais de confiance en toi ?

J: Ah j’avais carrément peur, totalement…

C: Tu étais un peu inhibé quoi…

J: Carrément !

C: Oui carrément inhibé…et pourtant tu disais tout à l’heure moi j’aime bien le contact avec les gens, tu es allé finalement à Zup de co dans le contact !

J: C’est ça, ben je n’ai pas trop eu le choix, j’ai fait 2 mois entiers de distribution de flyers, salons… et bien que ça a été très dur parce que quand on distribue les flyers, il n’ y a pas beaucoup de gens qui s’arrêtent, encore moins les étudiants qui n’ont pas le temps…pensez à ça maintenant quand vous voyez quelqu’un qui vous tend un flyer, si ça se trouve, vous allez trouver le job de votre vie ou l’activité que vous avez envie de faire…pas forcément hein, courez, généralement ils demandent de l’argent ! (rire). Et en fait, durant cette période, je me suis dit je n’ai pas le choix donc je vais le faire. Et c’est exactement ce qui s’est passé avec la boutique de jeux de société. De toute façon je n’avais pas le choix parce que c’était mon travail donc je l’ai fait pendant 1,5 ans et j’ai même dû m’améliorer en anglais parce qu’il y a beaucoup beaucoup de touristes. Donc ça non plus, je n’ai pas eu le choix parce que personne d’autre n’a voulu le faire donc je l’ai fait et là aussi je me suis amélioré, ce qui est plutôt une bonne chose.

C: Oui donc si je comprends bien, ces expériences t’ont permis de grandir, de développer des compétences que tu n’avais pas avant…

J: Totalement

C: A la fois relationnelles et à la fois des compétences en langues ?

J: C’est ça. Alors que moi j’ai eu mon Bac à 2 de moyenne en anglais, bon d’accord c’était ma deuxième langue mais quand-même (rire).

Après le Joker en fait, mon projet étant d’ouvrir un bar, je me suis dit il faut que je me forme là-dedans donc j’ai fait un mois de formation avec EBS qui est une école de formation de bars, c’est European Bartender School, donc j’ai fait la formation, je l’ai réussie et après je me suis dit ben je vais essayer de travailler dans un bar donc j’ai quitté mon emploi volontairement pour travailler dans une autre bar que je ne nommerai pas parce que je n’ai pas eu de bons souvenirs là-bas tout simplement, déjà je me suis retrouvé serveur au lieu de barman, je n’ai pas progressé du tout. Et je me suis dit qu’à cela ne tienne, salut, je m’en vais.

C: Ca a duré combien de temps ?

J: Ca a duré un mois, ça a été très très court. Donc j’ai quitté ce travail pendant ma période d’essai, je me suis dit ce n’est pas le métier qu’il me faut, je suis parti. Il y a un truc qui est important, oui, c’est vous avez le droit de dire non. Et ça on n’ose pas le faire quand on essaie de progresser, de chercher les choses. On nous donne un chemin et parfois c’est pas celui dont on a besoin, celui qu’on veut, c’est ce qui m’est arrivé déjà moi avec mes études, avec la filière biologie, on m’a dit que je serai meilleur là-dedans donc j’y suis allé sans protester parce que…

C: Qui t’a dit ?

J: C’étaient mes enseignants parce que j’avais 4 de moyenne en physique-chimie et on m’a dit tu n’arriveras jamais dans ta licence en physique-chimie avec 4 de moyenne, enfin, réfléchis, ça se voit. Avec le temps maintenant je pense qu’ils avaient tort. J’aurais vraiment vraiment préféré avoir plus de points sur les travaux pratiques. Et la licence de physique-chimie me l’aurait peut-être permis. Mais maintenant, c’est trop tard, donc j’ai continué d’avancer et j’ai absolument perdu le fil de là où je voulais aller…ah oui, j’ai quitté l’emploi au bar et après 4 mois très longs de chômage, j’ai fini en fait par postuler chez Naturalia, qui est une distribution de produits bio

C: Une enseigne de distribution de produits bio

J: C’est ça, et là maintenant ça fait 2,5 mois que j’y suis.

C: A plein temps ?

J: A plein temps, en CDI.

C: D’accord, donc tu es dans la vente, qu’est-ce que tu fais là-bas ?

J: Là-bas, je fais de la vente, toujours le contact avec le client, je fais maintenant un peu plus de mise en rayon que dans le Joker de Paris parce que les produits bougent plus. Les gens sollicitent moins d’ailleurs les vendeurs, ce qui est normal d’ailleurs parce que ça va être bizarre comme comparaison mais c’est comme si vous alliez chez Carrefour quoi…

C: Sauf pour des conseils quand-même

J: C’est vrai, surtout pour le rayon cosmétiques et quelques compléments alimentaires mais j’avoue que cela ne fait que 2,5 mois que je suis dedans et je n’ai pas le niveau. Heureusement, il y a des formations et je finirai par…

C: En interne

J: En interne oui. Donc je finirai par m’informer parce que c’est le seul vrai endroit où les gens vous posent des questions. Après il y a quand-même des gens qui vous posent des questions sur la sélection de leurs fruits ou sur des conseils culinaires, pourquoi ce produit là et pas celui-là, qu’est-ce qu’il apporte au niveau gustatif. Mais là à moins d’y goûter, on ne peut pas avoir d’avis. Alors que les produits qui viennent des compléments alimentaires ou autres marques cosmétiques viennent avec ils détaillent tous leurs produits ce qui est quand-même beaucoup plus facile que si j’avais à tous les tester avant pour pouvoir les expliquer !

C: Alors justement par rapport à ce parcours, quel regard tu portes sur ce parcours et ton orientation aujourd’hui ?

J: Alors maintenant quand je le regarde, je me dis que le parcours est vraiment vraiment chaotique. Je suis allé dans une filière scientifique pour au final me rendre compte que moi, ce que je préfère ben c’est la vente. Et il y a une filière pour ça, c’est la filière économique et c’est une filière qui m’a été déconseillée par mes enseignants parce que 2 de moyenne en anglais. Et la filière économique mène plus sur la vente à un niveau mondial que local et du coup l’anglais est quand-même…

C: Tu parles de la filière ES, mais enfin ce n’est pas central l’anglais, je veux dire quand tu passes en 1ère, Terminale tu as encore toutes les possibilités de t’améliorer en anglais !

J: C’est vrai, la preuve c’est que moi je me suis amélioré quand j’ai arrêté l’école ! (rire). C’est vtrai que ce n’est pas central mais en fiat comme pour la filière scientifique où les 3 matières qui vont avoir le plus gros coefficient c’est maths-physique-SVT, tout le reste on n’est pas trop regardants parce que c’est un petit coefficient, en filière économique, en ES, les plus gros coefficients vont être l’économie, les langues et les mathématiques. Et c’est vrai que mon 2 de moyenne en anglais, ça n’était pas ça niveau langues !

C: D’accord, donc continue sur le regard que tu poses ?

J: Ben un regard de chemin plutôt chaotique dans le sens où je suis allé regarder partout, je sui parti d’un point A pour au lieu directement d’aller au point B, j’ai décidé de faire le C, le D, je suis allé me balader…ben moi ça m’a réussi parce que jai vu un panel de choses qui m’a amené par élimination à où est-ce que j’ai envie d’aller, qu’est-ce que j’ai envie de faire, pourquoi j’ai envie de la faire.

Et du coup moi ça m’a permis d’aller…à mon but, maintenant je sais à peu près où j’ai envie d’aller. Peut-être que je changerai encore en cours de route mais pour le moment j’ai mon objectif et ça m’a été utile. Après quelqu’un qui va être un peu plus carré, quelqu’un qui a besoin vraiment de voir directement où il a besoin d ‘aller, c’est pas vraiment la meilleure des solutions de faire mon parcours. Parce que c’est beaucoup trop brouillon, ça part dans tous les sens et au final, ce n’est pas le trajet le plus optimal comme on dirait.

C: Donc l’idée que tu avais de devenir enseignant finalement, ça t’a quitté cette idée-là ?

J: Alors oui et non. Disons que quand je serai mon propre patron, c’est moi qui vais former mes employés donc j’aurai toujours mon côté formateur, transmettre quelque chose, c’est ça que j’aime. Et c’est ça qu’on fait aussi dans la vente au final. On transmet les valeurs du produit, on transmet pourquoi ce produit, on explique si vous avez besoin de ça, prenez ça, si vous n’avez pas besoin de ça, ben ne le prenez pas, c’est ça qu’on fait dans la vente. C’est transmettre un savoir et c’est ça que j’apprécie, tout simplement. Et c’est ça que je finirai par faire quand je serai mon propre patron.

C: Et barman, ça t’es venu comment ?

J: Oh là, alors ça c’est une très bonne question…(il réfléchit). Je pense que barman, ça m’est venu en fait durant mes sorties je pense. Ca m’est venu en fait en fréquentant mes amis. Je ne suis pas issu d’une famille riche, du coup le seul endroit où je pouvais être tranquille parce que ma mère travaillait à la maison, c’est dehors. Et il faut trouver une endroit où passer 4h dehors avec ses amis ou 4h dehors tranquille pour être juste posé, avoir son temps libre. Et il ne faut pas s’ennuyer, moi je ne peux pas travailler dans le silence.

J’ai été éduqué à travailler dans le bruit et la bibliothèque ben c’est beaucoup trop calme pour moi. A force de tourner et d’essayer de chercher, j’ai fini par m’installer avec mes potes et on avait fait une séance de révision dans un bar et je me suis dit ça c’est mon endroit.Je fais ce que j’aime, ç’est-à-dire qu’on peut y manger et boire, ce n’est pas super carré, ce n’est pas super strict, c’est le bazar, il y a plein de bruit, c’est bruyant, c’est vivant, il ya des gens. On peut très bien commencer les révisions et finir par faire une partie de billard en plein milieu du bar alors qu’on était parti sur un seul objectif et se retrouver à faire autre chose. Comme dans mon parcours d’orientation au final je ne reste jamais fixé sur un point parce que je m’ennuie vite. Et j’aime bien l’imprévu. Et c’était l’endroit. Je voulais travailler là-dedans, je voulais être la personne sympathique qui ouvre cet endroit, qui permet aux gens de passer un bon moment.

J’adore m’occuper de mes amis. Durant mes réceptions, c’est moi qui fait à manger, c’est moi qui vais servir, qui regarde que tout le monde a ce qu’il lui faut et c’est comme ça que je m’amuse autant qu’eux, si ce n’est plus qu’eux. Parce que justement il faut gérer les inconvénients, les soucis matériels, le souci de gestion des stocks comme on pourrait dire…

C: La logistique…

J: C’est ça. Et du coup c’est pour ça que je me suis dit je veux faire ça. Je veux ouvrir mon bar et pourvoir gérer et permettre à d’autres gens de passer une bonne soirée sans pour autant être obligé d’être chez soi.

C: Bon c’est ça ton projet aujourd’hui. A quelle échéance ?

J: Ben mon objectif ce serait de la faire dans les 3 ans. Après je sais que je vais avoir besoin de beaucoup plus de temps, donc ma vraie date limite c’est dans 5 ans. Je veux l’avoir fait, je l’aurai fait ou du moins j’aurais essayé de le faire, ça aura raté mais au moins je l’aurais fait. Et après si ça a marché tant mieux, j’aurais réussi, si ça n’a pas marché ben je repousserai la date dans 1 an, dans 15 ans, dans 20 ans, j’ai tout mon temps !

C: Tout seul ou avec des associés ?

J: C’est la question. Disons que si j’ai des associés ben je ne pourrais pas vraiment mener ma barque où je veux mais après tout, faire quelque chose tout seul pour moi ce n’est pas intéressant. J’aime bien faire les choses en groupe, j’ai vraiment un gros esprit d’équipe, c’est encore à réfléchir.

C: Oui, tu n’a pas statué encore là-dessus…

J: Pas encore…

C: Pour toi, le métier idéal ? Barman ?

J: Ben on pourrait dire…ce serait sûrement barman mais non. Je pense que le métier idéal pour moi, ce serait…de ne pas travailler. Ca a l’air bizarre (rire) mais je me lève et je fais ce que je veux de ma journée. C’est-à-dire…je pense que …un travail ça incombe, il faut être obligé d’être là et je déteste être obligé de faire quelque chose. Moi je veux me lever le matin et je fais ce que je veux. C’est pour ça que je veux ouvrir mon bar parce qu’au final je fais un truc que j’ai envie de faire. Après si je pouvais ne pas être obligé de le faire, je préférerais me dire tiens je me réveille, qu’est-ce que j’ai envie de faire aujourd’hui, tiens j’ai envie d’ouvrir mon bar et j’y vais, je fais l’ouverture de mon bar, j’y reste le temps que je veux et quand j’en ai marre eh ben je fais c’est bon pour moi c’est fini, salut. Je ne suis pas obligé de respecter des horaires fixes. C’est pour ça que je dis, le mieux ce serait de ne pas avoir à être obligé de le faire. Mais bien-sûr en tant que métier avec des contraintes, ce serait d’être barman.

C: Si tu devais maintenant passer un message aux jeunes et aux parents qui nous regardent par rapport à l’orientation ce serait quoi ? Un ou plusieurs messages…

J: Un ce sera déjà pas mal ! (rire)

C: Exact ! Par rapport à ta propre expérience, à ton propre vécu évidemment…

J: Par rapport à ma propre expérience, je dirai NE VOUS LIMITEZ PAS, si vous avez envie de faire quelque chose, faîtes-le. Moi je sais que mon projet de bar n’est absolument pas soutenu par ma famille par exemple. Parce qu’il y a des dangers, aussi bien a niveau clientèle que financier, on ne sait jamais ce qui peut arriver, et même dans mes études, je n’ai pas vraiment été soutenu au niveau…au moment où en fait je décidais de quitter la voie générale, de décrocher les diplômes…A partir du moment où j’ai voulu arrêter de faire ça, c’était…vu que maintenant tu as quitté ce chemin là, il faut que tu te débrouilles, fait quelque chose. Et j’ai déjà partagé mon envie de faire barman. Et on m’a dit non, ce métier n’est pas fait pour toi, je refuse que tu fasse ça. Et ça m’a bloqué pendant très longtemps. Peut-être que j’aurais déjà réussi mon objectif si j’avais commencé toute de suite. Peut-être pas. Il faut toujours écouter ce que les gens ont à dire. Mais tant que vous n’êtes pas sûr à 100% que ça ne marchera pas, essayez. Au pire, vous perdez un peu de temps.

C: Ton message, c’est d’éprouver les choses par soi-même, d’expérimenter ?

J: C’est ça, il faut aller au bout de ces idées.

C: C’est la seule manière pour toi de savoir si…

J: Si on est fait pour ça ou pas. Après tout quand on cherche sa voie, quand on s’oriente, on a tout notre temps. En fait, quand on n’a plus le temps, c’est quand on a terminé de travailler. Là on a le temps pour soi mais pas vraiment dans la filière de l’orientation.

C: C’est peut-être pas ce que perçoivent les jeunes et les moins jeunes d’ailleurs, pour des raisons financières…

J: Financières ? Mais même pas financières, au niveau sécurité. Moi j’ai passé…entre Zup de co et vendeur de jeux de société moi j’ai fait 6 mois de chômage. Entre mon mois de service et Naturalia, j’ai fait 4 mois de chômage. Et ça a été dur, heureusement que j’avais mis de l’argent de côté. Parce que pendant 6 mois, il fallait se nourrir. Et du coup, heureusement que j’avais prévu le coup. Mais au final, ces 6 mois et ces 4 mois de chômage, ils ont été nécessaires pour m’amener à découvrir ce que j’avais envie de faire. Donc c’est dangereux. Je n’aurais pas eu d’argent de côté , je ne serai peut-être plus là pour en parler.

C: Tu n’aurais pas pu partir…

J: Je n’aurais peut-être pas pu partir ou je ne serai plus là pour en parler parce qu’il faut bien se nourrir mais j’avais un peu calculé mon coup et en même temps j’ai eu un peu de chance donc…

C: C’est intéressant ce que tu dis sur le chômage parce que ce que tu dis c’est que ça t’a permis de te repositionner en fait, c’est que ces périodes là, qui peuvent paraître complètement négatives, complètement horribles à vivre, elles ne le sont pas forcément, ça dépend de ce que l’on en fait…

J: C’est vrai. Après, c’étaient des mois horribles…On a la pression parce qu’au final, on sort un peu du système de la société on est vachement défini par ce que l’on fait, aussi bien au niveau des études qu’au niveau de notre travail. La première question qu’on va vous demander quand vous rencontrez quelqu’un c’est « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? ». Donc on est vachement défini par ça. Après il y a la pression de la famille, comment tu vas faire pour t’en sortir, comment tu vas te nourrir, parce qu’au final ils sont inquiets…

C: C’est ça, c’est de l’inquiétude

J: C’est de l’inquiétude, c’est de la peur, mon Dieu, il ne retrouvera plus jamais rien, mon Dieu c’est terrible, comment il va faire donc c’est une autre pression qui se rajoute mais ce sont des pressins utiles. On en a besoin justement pour aller un petit peu plus loin, pour se dire bon d’accord je suis là-dedans mais derrière quand-même il y a des gens qui se soucient de moi, c’est un point important, ça nous montre qu’on a de l’importance, qu’on n’est pas lâché dans la fosse aux lions et débrouille toi, non, il y a des gens derrière qui s’inquiètent pour nous, ça va être notre famille. Et après, cette pression là elle nous freine un peu parce qu’on ne veut pas les décevoir. Mais je crois qu’il faut quand-même faire ce qu’on aime.

C: Donc si je comprends bien Julien c’est que le message que tu voudrais faire passer c’est qu’il faut écouter les autres, il faut prendre les conseils, en fait prendre ce qu’il y a de meilleur dans les conseils que l’on te donne ou dans ce que l’on te dit, ne garder que le meilleur ce qui est positif et qui va t’aider à avancer et puis il faut écouter aussi sa petite voix intérieure et son cœur par rapport à ce que l’on a envie de faire quoi ?

J: C’est ça oui. En fait, il faut avancer, prendre vraiment tout ce qui est autour, garder les meilleur, jeter ce qui n’est pas utile et il faut en fait aller jusqu’à l’endroit où on veut aller. Parce que en fait notre trajet n’existe que par notre marche. Ce n’est pas de moi, c’est juste parce que ça m’est revenu, j’ai trouvé cette phrase vraie, on fait le trajet pour nous. Notre vie, elle nous appartient et à la fin, il faut pouvoir se dire c’est nous qui avons fait ça et pas…la société ou la famille ou n’importe quoi qui nous a imposé d’être ça, tout simplement.

C: D’accord, est-ce que tu as d’autre messages à faire passer ?

J: Je pense que j’ai tout dit, après à vous d’en tirer le meilleur et de jeter ce qui ne vous sert pas.

C: D’accord, écoute, merci beaucoup Julien !

J: Ben merci à vous !

C: E moi eh bien je vous retrouve très vite pour le dixième et dernière interview de mon défi vidéo, si vous avez manquées les précédentes, vous savez où les trouver, sur la page d’accueil de mon blog et puis si vous avez apprécié cette vidéo aussi et que vous souhaitez laisser un commentaire pour Julien eh bien n’hésitez pas, likez, partagez aussi et je vous dis à très vite, ciao !

J: Au revoir !

Infos + :

Vous reconnaissez-vous dans le parcours de Julien ou dans ce qu’il dit ?

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