Le jour où la machine m’a orienté…

Le témoignage de Pierre
Pour le lancement de la rubrique « témoignages » sur J’Aime Mon Avenir, j’ai sollicité mes ami(e)s blogueurs/blogueuses afin qu’ils apportent leur témoignage sur la façon dont ils ont vécu leur orientation quand ils étaient jeunes et sur ce qu’ils en pensent aujourd’hui avec le recul. 7 d’entre eux se sont prêtés au jeu et je les en remercie !
Je vous propose donc 1 témoignage par jour pendant 7 jours…:-)

Voici, pour démarrer cette série, le témoignage de Pierre, auteur des blogs Mon Grand-Est et French moments (en anglais).

« J’ai toujours aimé la géographie et l’histoire. Depuis tout petit, les cartes me fascinaient. De l’école élémentaire au collège, je brillais dans ces matières ainsi qu’en musique et arts plastiques… au détriment d’autres matières comme les mathématiques, le français, la physique et la chimie, qui ne me passionnaient pas du tout. J’avais également un certain don pour parler devant une classe et j’admirais l’art d’enseigner.
En classe de seconde, il fallait « me ranger », trouver mon orientation scolaire pour, plus tard, exercer un métier. Mes parents et moi avions organisé un rendez-vous au CIO, le Centre d’information et d’orientation. On m’a fait passé une panoplie de tests et vérifié mes résultats scolaires. Toutes les données ont été avalées par un gros ordinateur glouton. Quelques secondes plus tard, ce mastodonte du début des années 1990 recracha mon orientation. Pas de géographie car trop nul en maths. Pas d’histoire car pas assez bon en français. La musique, les arts plastiques, fallait laisser tomber car ce n’étaient pas des « matières nobles ». La grande désillusion, quoi !

Mais ce bon vieil ordinateur était suffisamment performant pour m’orienter sur une voie ‘royale’ : la comptabilité-gestion. Et c’est ainsi que je me suis engouffré, contre mon gré, dans les sections G, les ancêtres des STMG. À l’époque, on les appelait les « classes poubelles », ou, si j’ose dire, les classes pour les moins brillants, ceux qui ne sont pas très fute-futes ! Pas terrible pour se donner confiance…
J’ai suivi une 1ere G, puis une Terminale G avant de poursuivre en BTS Comptabilité Gestion. C’est peu de temps avant la fin de ma préparation au BTS que l’idée de devenir prof m’est apparue comme une évidence. Finir dans un bureau en tant que comptable, ça ne me plaisait pas du tout. Et j’ai fait mon petit bonhomme de chemin dans l’enseignement de la compta et de l’économie pendant près de 10 ans. 
Mais le déclic, il m’est venu lorsque je résidais en Australie. C’est pendant mon cursus de double-master à l’université que j’ai réalisé que tout était possible. Qu’avec du travail et de la volonté, on pouvait arriver à suivre ses passions… et à en vivre.
Ce n’était plus une machine qui fixait mon destin, c’était moi qui le prenait en main. Cette ouverture d’esprit typiquement anglo-saxone, je ne la retrouve malheureusement pas encore imprégnée en France.
Lorsque j’en parle à mes étudiants en BTS, ceux-ci ne voient qu’obstacles et fatalité. L’ascenseur social, ils n’en ont jamais entendu parler. S’affranchir du métro-boulot-dodo ? Ils n’osent même pas y penser. C’est pourquoi j’aime leur montrer des exemples d’hommes et de femmes qui ont réussi à se libérer de la pression du système. Des exemples de passionnés qui changent leur vie, qui ne partent pas défaitistes mais qui ont pour leitmotiv « I can do it » (je peux le faire). J’aime découvrir leur réaction : c’est comme s’ils se retrouvaient soudainement dans un nouveau monde.
Quant à moi, je suis resté professeur en économie (mais plus pour longtemps).
Entre temps, j’ai suivi mon rêve d’enfance – la géographie et l’histoire – et j’ai monté deux blogs (un en anglais, l’autre – plus récent – en français) qui me permettent de partager des sujets liés à mes passions. Avec du travail et de la volonté, j’espère bien arriver un prochain jour à l’étape bénie où je pourrai en vivre.
Ce jour-là, je pourrai regarder en arrière et être fier d’avoir tenu mes passions de petit garçon bien vivantes. Pour terminer, il faut toujours croire que le meilleur est encore à venir (the best is yet to come !). »
Réagissez au témoignage de Pierre en laissant un commentaire ! 😉
Et si vous aussi, en tant que lecteurs et/ou abonnés, vous souhaitez témoigner sur votre vécu en matière d’orientation ou celui de votre/vos enfant(s), il vous suffit de m’envoyer votre témoignage à carole@jaimemonavenir.com avec votre prénom, votre âge et votre lieu d’habitation.

3 comments / Add your comment below

  1. Très joli témoignage. C’est vrai, on se demande à quel point l’expérience des « anciens  » peut ou non aider les jeunes. J’ai l’impression que , chacun doit faire sa propre expérience et suivre son chemin.
    En tout cas, la compta même à tout ! Un de mes très bon amis rencontré pendant mon BTS de compta est maintenant un désigner talentueux exposé dans les musées.

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