Je suis Re-Né – histoire d’un étudiant en médecine

Histoire d'orientation
Crédit photo : GDJ

Je suis né plusieurs fois. Ce n’est pas que je croie à la réincarnation, non mais n’empêche. Du haut de mes 21 ans, j’ai la sensation d’avoir vécu plusieurs vies. Vous n’avez jamais éprouvé ce sentiment vous ? Vous devez me prendre pour un fou mais laissez-moi vous expliquer. Quand j’étais petit, j’avais un rêve, c’était de devenir vétérinaire. Assez banal me direz-vous…oui, je vous l’accorde !

Je vivais à la campagne et je passais mon temps avec des animaux : des poules, des cochons, des chiens, des chats, des oies, des vaches… et je me disais qu’ils étaient de bien meilleure compagnie que les Hommes…Bah oui, à la maison, c’était pas ça les rapports entre mes parents…ils ne s’entendaient pas. Pas un jour sans dispute, sans cris, sans larmes même parfois (enfin, pour ma mère). A l’école, c’était pareil. Entre les enfants, entre les enfants et le maître…Je vous épargne les repas de famille du dimanche avec la grand-mère qui égarait constamment son dentier, ce qui avait le don d’agacer mon père, mon oncle qui picolait un peu beaucoup et mes cousines qui étaient de vraies pestes…Alors je m’éloignais dès que je le pouvais, j’étais plutôt solitaire.

Certains aiment la compagnie des livres dans ces cas là. Moi j’aimais être avec les animaux. Je me disais qu’ils ne trichaient pas eux. Pas comme les adultes. Ils sont vrais les animaux. Alors je me disais que toute ma vie, je voulais la passer en leur compagnie, les protéger, les soigner, parce qu’ils en valaient la peine, eux, contrairement aux Hommes. J’ai grandi avec ce sentiment fortement ancré en moi.

J’ai tout fait pour avoir de bons résultats en sciences et en maths parce que je savais que c’était important si je voulais faire des études de vétérinaire. J’avais discuté avec un vétérinaire installé dans la petite ville à côté de chez nous. Je me souviens, je l’avais bombardé de questions le pauvre ! J’y étais allé comme ça, j’étais entré dans son cabinet et je lui avais demandé s’il pouvait me parler de son métier*, me dire comment il fallait faire pour devenir vétérinaire parce que je voulais vraiment faire ça. Ca l’avait touché je crois. 

Et puis Lauriane est arrivée dans ma vie. J’avais 17 ans, j’étais au lycée, en 1ère S. Je ne m’y attendais pas. J’étais branché sur mes cours, je ne sortais pas en boite ou au bar comme les jeunes de ma classe, je ne m’intéressais pas aux filles, j’étais toujours aussi solitaire. Ca m’a fait l’effet d’une bombe. Elle a chamboulé ma vie. On n’est toujours ensemble aujourd’hui. Et je ne fais pas d’études pour devenir vétérinaire ! Je fais des études de médecine…

J’ai bossé comme un dingue en PACES et j’ai réussi le concours, je suis en deuxième année maintenant. Et, même si c’est dur, je suis super heureux ! Pour quelqu’un qui préférait la compagnie des animaux à celle des êtres humains, c’est étonnant n’est-ce pas de se retrouver en médecine ? Parce que la vocation du médecin, c’est bien de soigner des êtres humains…Oui, c’est que je ne suis plus le même !  Lauriane m’a permis de renaitre. A ses côtés, j’ai compris mon erreur.

J’ai réalisé que si je voulais être pleinement humain, il fallait que je prenne soin des autres êtres humains, du mieux possible. Que je ne pouvais les exclure de ma vie. Que je fuyais les autres parce que je ne savais pas comment les prendre. J’étais un handicapé relationnel, prisonnier de croyances forgées dans ma prime enfance, beaucoup au travers de l’expérience familiale. Prisonnier de mes peurs d’aller vraiment à la rencontre de l’autre. Et quand j’ai compris ça, je me suis mis à découvrir toutes les richesses de l’être humain, toutes ses potentialités. Et pas seulement sa noirceur. J’ai vu combien nos croyances peuvent nous limiter et nous donner accès qu’à une infime partie de la réalité .

J’ai compris aussi que, les animaux, dont je suis toujours entouré et pour lesquels je suis engagé (je lutte pour leurs droits) suivent la feuille de route que la nature leur a tracée. Alors que nous, êtres humains, avons quelque chose qu’ils n’ont pas : la faculté de choisir. Aucun être humain n’arrive au monde avec une feuille de route, enfin certains le pensent peut-être mais ce n’est pas mon cas. C’est à nous de tracer notre chemin dans ce monde. Et cette liberté est à la fois une bénédiction et un malheur. A nous de faire en sorte qu’elle soit plutôt une bénédiction pour nous-mêmes et pour les autres. 

Je suis né plusieurs fois. La première fois, c’est quand ma mère a accouché de cette petite crevette que j’étais. La seconde fois, c’était quand le moi solitaire passionné d’animaux voulait devenir vétérinaire. La dernière fois, c’est quand je suis venu réellement au monde, que j’ai décidé de tracer mon chemin parmi et avec les Hommes et que j’ai décidé de devenir médecin.

* Cela s’appelle une enquête métier sur le terrain. Vous pouvez rencontrer des professionnels sur leur lieu de travail, dans des salons ou passer par des sites comme www.jobirl.com. Cliquez ici pour découvrir les 5 astuces pour connaitre un métier.

Réagissez à cette histoire ! Qu’est-ce qu’elle vous évoque ? 

1 comment / Add your comment below

  1. Très bonne idée ce biais pour traiter l’orientation à travers une histoire personnelle qui booste le moral, très agréable à lire, qui donne en même temps des conseils pratiques et même si c’est le parcours de Re-né, il est commun à beaucoup d’étudiants ou de jeunes qui se cherchent et qui finissent par trouver leur voie, avec l’aide d’une petite amie, d’un professeur ou d’un expert en orientation comme votre site le démontre. Bonne chance à cet étudiant en médecine et à vous J’aime Mon Avenir.com, un site incontournable

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