Je ne veux PAS être ingénieur ou le refus de la voie royale

Le témoignage de MagaliVoici le témoignage de Magali, créatrice du blog Parents du 21ème siècle

« D’aussi loin que je me souvienne, à l’âge où les autres enfants répondaient POMPIER ou INFIRMIERE à la question « qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? »…. j’ai toujours répondu PAS INGENIEUR. 

Mais pourquoi donc ?! 

Dans la ville où j’ai grandi, il y avait beaucoup d’ingénieurs. Mes parents étaient ingénieurs, une bonne partie de leurs amis aussi. Sans trop bien comprendre ce que cela voulait dire, j’avais dû intégrer que la voie du bon élève était toute tracée… et j’ai toujours préféré sortir des sentiers battus. 

Mais JE ne VEUX PAS, ça n’a jamais fait une orientation. 

Il m’a fallu bien longtemps pour trouver mon rêve à moi ; ce qui me motivait vraiment. C’est en seconde que mon rêve m’est tombé dessus. Enfin, deux rêves pour faire simple ! Et pas franchement compatibles entre eux. 

Le premier : passer un CAP cuisine, pour en finir avec l’ennui sans fin de la voie générale et apprendre enfin quelque chose qui me plaisait. Le deuxième : faire une école de commerce pour mieux promouvoir les inventions… des ingénieurs ; inventions qui, de ma courte expérience locale, avaient la fâcheuse tendance à rester au placard. 

Sans trop savoir comment, je me suis trouvé le courage de privilégier le rêve à long terme – l’école de commerce – plutôt que le confort à court terme du CAP. Il y a bien eu quelques tentations en cours de route de changer de rêve, mais finalement je m’y suis tenue : bac, classes prépa, HEC. 

Tout ça, c’était il y a plus de 15 ans. 

Alors avec le recul, quelles leçons en tirer ? 

La leçon que j’en tire, c’est que la réalité résiste à l’idéal et aux trajectoires linéaires. Quand je suis sortie d’école de commerce, j’ai atterri dans un milieu professionnel à mille lieux de ce que je m’étais imaginé. Un quotidien dont les codes, les habitudes, les valeurs m’étaient totalement étrangers… et le sont restés en partie. 

Est-ce un problème ? Est-ce un échec d’orientation ? A mes yeux, NON ! 

Si je peux tirer un conseil de mon expérience, c’est celui-ci : encouragez vos enfants à s’engager passionnément dans la voie qu’ils ont choisie, quitte à en changer après quelques années. Tout ce qu’ils auront appris leur servira de socle pour leur prochaine aventure. Dans ma nouvelle activité professionnelle, je me remercie tous les jours des 10 années d’expérience qui ont précédé : les compétences, les réflexes que j’y ai acquis me sont utiles tous les jours. 

Un parcours professionnel est vivant, il se construit pas à pas, rêve après rêve. Les chemins tout tracés sont rassurants, mais ils ne sont pas les plus attirants. L’important, c’est que vos enfants tracent leur chemin, qu’ils sachent l’expliquer, lui donner sa cohérence et son relief, pour que les personnes qui seront amenées à travailler avec eux – employeurs, collèges, collaborateurs, clients – croient en eux et fassent un bout de chemin avec eux ! 

Alors valorisez l’implication, les efforts, l’acquisition de savoirs et de compétences de vos enfants. Le résultat se construira pas à pas ! »

Réagissez au témoignage de Magali dans les commentaires ! 😉

Et si vous aussi, en tant que lecteurs et/ou abonnés, vous souhaitez témoigner sur votre vécu en matière d’orientation ou celui de votre/vos enfant(s), il vous suffit de m’envoyer votre témoignage à carole@jaimemonavenir.com avec votre prénom, votre âge et votre lieu d’habitation.

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