L’écoute active et le questionnement pour révéler les adolescents à eux-mêmes

Ecoute active et questionnement pour révéler les adolescents à eux-mêmes
Crédit photo : Unsplash

Comment aider les adolescents à se connaitre et à trouver leurs motivations profondes ?

On est tous d’accord pour dire que cela passe par une réflexion.

Comment susciter cette réflexion ?

Par une ECOUTE ACTIVE induisant un BON QUESTIONNEMENT .

C’est ce que l’on fait dans un coaching. On écoute activement le jeune et on le questionne, on n’apporte pas des réponses ou solutions sur un plateau. On le questionne de façon à le faire réfléchir. Pour susciter des prises de conscience, des changements de regard, de posture. Pour qu’il trouve par LUI-MÊME les ressources dont il a besoin en lui et à l’extérieur pour avancer et résoudre la problématique qui se pose à lui. Que ce soit une problématique d’orientation ou autre (scolaire, relationnelle etc.)

C’est ce que faisait Socrate et qu’on appelle en philosophie la maïeutique. C’est un questionnement qui permet à la personne de penser sur sa façon de penser, de penser sur le « comment il fonctionne ».

Un art du questionnement dont nous pouvons nous inspirer en tant que parents.

Pourquoi questionne t-on en général ? 

La plupart du temps, nos questions ont pour but d’obtenir des réponses, des informations. Nous voulons comprendre. Dans ce type de questionnement d’ailleurs, nous pouvons paraitre intrusifs. Or la plupart des ados ont horreur de subir un « interrogatoire en règle »…En même temps, vous aimez vous ? 😉

Pourtant, il y a d’autres raisons de poser des questions et l’une d’entre elle consiste à faire réfléchir. Faire réfléchir pour éduquer.

Faire réfléchir notre ado afin qu’il construise petit à petit une image de lui-même, qu’il trouve ses motivations profondes, qu’il puisse faire des choix éclairés etc.

Avant d’entrer dans cet art du questionnement, rappelons toutefois quelques principes élémentaires.

Choisir le bon moment et rester à sa place

Le meilleur moment pour faire de la maïeutique, c’est quand il ou elle se met à vous parler; c’est l’occasion de dialogue à saisir.

Ceci étant, si vous souhaitez entamer un dialogue, vérifiez sa disponibilité et s’il ou elle ne l’est pas, demandez-lui à quel moment ce serait possible pour lui/elle…

Ne cherchez pas à être son interlocuteur privilégié car ce sont ses pairs qui le sont naturellement à son âge. La bonne distance est certes difficile à trouver mais c’est essentiel.

Le célèbre psychologue clinicien Haim Ginott, thérapeute pour enfants et éducateur de parents disait ceci : « Leur faire savoir que, s’ils ont besoin de parler et surtout d’être écoutés, nous sommes là est souvent suffisant. Se rendre disponible lorsqu’ils ont besoin de notre écoute est indispensable. »*

L’art de l’écoute et du questionnement

L’écoute active

J’ai sélectionné pour vous sur Internet des ressources sur l’écoute active qui permettent de comprendre en quoi elle consiste et quels peuvent en être les bienfaits:

1/ Une vidéo : 

2/ Un court article qui explique en quoi elle consiste et qui donne un exemple

Ici l’écoute active fait partie de la méthode Gordon mais celle-ci est le fondement de bien d’autres méthodes et courants de communication comme la CNV (Communication Non Violente) ou encore la méthode Faber et Mazlish.

Pas facile d’avoir cette qualité d’écoute avec nos enfants car nous ne sommes ni coach, ni psy et la distance affective ou neutralité bienveillante nécessaires ne sont pas évidentes à avoir. Mais nous pouvons nous en inspirer dans notre communication.

Questions ouvertes, rebond, reformulation, empathie, bienveillance, place du silence, toutes ces « techniques », lorsqu’elles deviennent naturelles à force d’entrainement ouvrent la voie à une qualité relationnelle avec nos enfants assez incroyable.

La questiologie 

La questiologie a été inventé par Frédéric Falisse, coach, chercheur, et conférencier. C’est  » L’art et la science de poser la bonne question au bon moment « . 

Je vous ai sélectionné une vidéos inspirante au travers de laquelle vous allez comprendre, notamment grâce à une étude de cas, que comme il le dit lui-même,  « Les questions sont au coeur de la communication, de la relation et du développement perso ».

L’exemple du jeune qui oublie tout devant sa feuille d’interrogation est éloquent. Découvrez comment, grâce à un bon questionnement, oubliant la question du « pourquoi », il lui permet de prendre conscience de sa « carte du monde ».**

Dans le cas du jeune avec lequel il s’entretient dans cette vidéo, on retient qu’il l’a invité à changer de posture, à se focaliser sur son ressenti. Il a doublé le questionnement, lui permettant de prendre conscience du véritable enjeu pour lui, qui est de pouvoir choisir sa carrière.

Puis il lui a proposé un geste mental consistant à rapprocher 2 idées, qui va pousser le jeune à remettre en question les liens qu’il faisait entre deux choses (rater un contrôle et ne pas pouvoir choisir sa carrière) et qui peuvent être à l’origine du stress vécu au moment d’une évaluation, stress qui lui fait tout oublier ce qu’il a appris.

Une autre question qui peut s’avérer pertinente selon Frédéric Falisse : « Qu’y a t-il d’important pour toi dans le fait de…. »

Prenons un exemple : « Qu’y a t-il d’important pour toi dans le fait d’avoir de meilleurs résultats scolaires ? »

Admettons que le jeune réponde : « Parce que ça me permettra d’avoir un bon boulot au final »

« Qu’y a t-il d’important pour toi dans le fait d’avoir un bon boulot ? » (on double le questionnement)

En fait, ce questionnement a pour but d’aller chercher ce qui est essentiel et important pour lui; c’est le fondement de la MOTIVATION.

Ensuite on peut aller voir avec lui le lien qu’il fait entre bons résultats scolaires et bon boulot. On peut aussi creuser l’histoire du « bon boulot ». « Qu’est-ce qu’un bon boulot pour toi ? »

Tout cela pour dire que c’est très différent de questionner pour faire réfléchir que de dire par exemple, parce que c’est ce que nous pensons : « Mais ce n’est pas forcément lié, tu peux avoir un bon boulot même sans réussir à l’école » ou à l’inverse « Oui tu as raison, il faut bien travailler à l’école pour avoir un bon boulot ». Là, on ne fait pas réfléchir, on expose nos croyances, nos pensées. 

Sur ce point, le Dr Haim Ginott est on ne peut plus clair :

« Les adolescents s’offensent des attentions et des conseils qu’ils n’ont pas sollicités ».

« Une aide est perçue comme une intrusion ; toute sollicitude comme de l’infantilisation et tout conseil comme une volonté de contrôler. Car l’autonomie, même s’ils la redoutent, est la valeur suprême. »

Ce qui ne veut en aucun cas dire que nos adolescents n’ont pas ou plus besoin de notre aide. Mais cette aide doit être subtile et réfléchie.

Justement, dans l’écoute active, l’objectif visé est que notre enfant réfléchisse, qu’il apprenne à se connaitre, à cerner ses motivations profondes afin de pouvoir faire des choix en toute conscience et se fixer des objectifs pour lesquels il va être motivé. On ne lui impose pas notre carte du monde, on ne l’abreuve pas de conseils non sollicités, on le rend LIBRE.

Que pensez-vous de ces outils ? Vous donnent-ils envie d’aller plus loin ?

* « Entre parent et adolescent », Dr Haim G.Ginott, révision et mise à jour de Sophie Benkemoun de l’Atelier des Parents

** La Carte du Monde est un concept central de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique). C’est l’ensemble de nos représentations.

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