UN PARCOURS SECURISE POUR DEVENIR MACHINISTE RECEVEUR A LA RATP

Le grand public les appelle chauffeurs ou conducteurs de bus. En réalité, ce sont des machinistes receveurs (MR). C’est leur titre officiel, qui reprend leurs deux principales missions : l’une qui est technique (conduite d’ un bus) et l’autre commerciale (la relation avec la clientèle).

Différentes sociétés de transport en commun existent en France mais j’ai choisi de vous parler de la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens), présente surtout en Ile de France et leader sur ce marché. Elle est aussi l’un des principaux recruteurs en IDF et a mis en place sur quelques départements, avec le concours de la Région IDF et d’ASSOFAC (organisme de formation) un parcours sécurisé permettant à des jeunes de se préparer aux épreuves de recrutement pour devenir MR. 

Le parcours sécurisé RATP

La RATP a de forts besoins en recrutement sur ce métier car elle doit faire face à beaucoup de départs en retraite. Plusieurs voies d’entrée existent (contrat de professionnalisation, entrée directe après tests pour les détenteurs d’un permis D…) mais ce parcours sécurisé s’adresse aux jeunes de 21 à 25 ans, titulaires du permis B depuis au moins 6 mois, non qualifiés ou ayant un niveau inférieur à Bac +2.

Il offre donc l’opportunité à des jeunes qui pour la plupart sont peu ou pas qualifiés d’entrer à la RATP pour exercer un vrai métier, en CDI, de sortir de la précarité professionnelle dans laquelle ils sont bien souvent, avec des avantages et des possibilités d’évolution et de carrière non négligeables. 

Ceci étant, le MR ayant de lourdes responsabilités dont celle de transporter confortablement des passagers en toute sécurité, leur recrutement est particulièrement exigeant. Si l’on ajoute à cela la volonté de la RATP de continuer à être leader sur le marché des transports en commun en IDF grâce à sa qualité de service, notamment lors de la mise en concurrence annoncée en 2024, il est certain qu’elle veille à la qualité de son recrutement et au suivi une fois en poste.

Mais revenons à ce parcours sécurisé dont je peux vous parler puisque j’interviens depuis quelques temps dessus. Il s’agit d’un parcours de 10 semaines de formation à temps complet.

Au programme de cette formation : de la remise à niveau et de la préparation aux tests de français, mathématiques et logique et de la préparation à l’entretien de recrutement. La finalité de cette préparation est bien entendu de permettre à ces jeunes de maximiser leurs chances de réussite aux tests et à l’entretien, sachant que chaque étape est éliminatoire. Ces jeunes sont le plus souvent positionnés sur ce parcours par leur mission locale ou par Pôle Emploi. Certains viennent d’eux-mêmes par le bouche à oreille. Avant d’entrer sur le parcours sécurisé, ils ont passé une petite évaluation avec Assofac, (l’organisme chargé de dispenser cette formation), un entretien de motivation et ont déjà passé les tests psychomoteurs à la RATP. Sur cette dernière étape avant de démarrer le parcours, environ 30 à 50% d’entre eux échouent. Ils peuvent retenter ces tests 6 mois après s’ils le souhaitent.

Sur la session sur laquelle j’interviens actuellement, il y a 14 jeunes dont 12 hommes et 2 femmes. Il y a 10% de femmes MR à la RATP mais celle-ci souhaiterait qu’il y en ait davantage et mène des campagnes de communication dans ce sens.

2 ou 3 jeunes parmi eux ont déjà passé les tests et/ou l’entretien mais ont échoué, ils tentent donc à nouveau leur chance en faisant cette prépa plutôt que de se préparer à nouveau seuls. Il faut dire que le taux de réussite suite à cette préparation dépasse les 90%.

Il y a quelques jeunes ayant arrêté l’école avant le BAC mais la plupart ont un BAC Pro, il y en a même 3 qui ont un niveau BTS. Les niveaux étant hétérogènes, il est nécessaire d’instaurer une bonne cohésion et un esprit d’entraide dès le départ. La plupart d’entre eux ont enchaîné les petits boulots, les CDD, l’intérim. Leurs expériences professionnelles passées vont le plus souvent du transport (chauffeur livreur, VTC…), à l’accueil et la relation clientèle (commerce, vente, service à la personne…).

Les étapes du recrutement

Le jour des tests, ils ont en temps limité à répondre à un QCM de 50 questions de maths, 60 questions de logique, 20 questions de français et passent aussi un test de personnalité de 180 questions. Après quoi, s’ils ont réussi, ils sont convoqués en entretien 1 ou 2 jours après. A l’entretien, ils peuvent être reçus par 1 à 3 personnes dont un(e) psychologue. L’entretien peut durer 15 ou 45 mn. Il leur est demandé notamment d’exposer leurs motivations pour exercer le métier de MR et d’expliquer pourquoi ils ont choisi la RATP.

Une bonne connaissance du métier, de ses avantages, de ses inconvénients, une bonne exposition de ses motivations, une capacité à faire preuve de sang froid (car le MR doit faire face aux aléas de la circulation en milieu urbain mais aussi aux incivilités et agressions), un grand savoir être et du bon sens sont attendus. Sans parler de la tenue qui doit être irréprochable.

Très souvent, ces jeunes ont des difficultés à valoriser leur parcours antérieur par rapport au métier de MR, à structurer leurs propos et parfois à gérer leur stress tellement l’enjeu est grand pour eux. C’est pourquoi cette préparation leur est utile.

Le parcours est ponctué de visites et d’immersions à la RATP, ce qui leur permet de bien connaitre le métier vers lequel ils se dirigent et la RATP même.Visite d’un centre bus, rencontre avec d’anciens MR devenus assistants formateurs ou formateurs, visite du centre de formation de la RATP, conduite d’un bus sur circuit pendant 10,15 mn (même moi j’ai testé comme vous le voyez sur la photo 😉 ! ), immersion dans un bus durant tout un service avec un MR expérimenté…

Ils témoignent

Jonathan, 24 ans, titulaire d’un niveau BTS électrotechnique et du BAFA, était avant d’entrer sur le parcours animateur en centre de loisirs en école maternelle à Saint-Denis (93) et accompagnateur occasionnel pour Junior et Compagnie à la SNCF.

« Depuis tout petit, je voulais travailler dans les transports. Au départ je voulais être conducteur de train, j’ai postulé à la SNCF mais j’ai échoué. Puis un ami à moi m’a parlé du métier de machiste receveur et je me suis rendu compte que j’avais une idée fausse de ce métier. »

Jonathan s’est même rendu compte, à travers ses expériences professionnelles que le métier de MR était davantage fait pour lui que le métier de conducteur de train car il avait besoin de contact avec les gens. Et c’est de cette façon qu’il est arrivé sur le parcours.

« J’avais besoin de mise en confiance après avoir déjà échoué à des tests ou entretiens. J’avais aussi besoin d’aide en maths et le parcours m’a permis de progresser. Pour l’entretien, je me sens aussi beaucoup plus à l’aise. Ca rassure ce suivi. Tout seul, je n’aurais pas eu la même volonté. C’est un bon tremplin pour entrer à la RATP. »

Sur les moments organisés par la RATP, il m’a confié:

 « J’étais comme un gosse à Disney, il y avait une bonne ambiance, on a vu les coulisses et ça donne encore plus envie ! »

Quant à Eurydice, elle a arrêté de cumuler les 2 emplois qu’elle avait de factrice piétonne et d’équipière polyvalente au Mac Do pour faire le parcours sécurisé. Titulaire d’un Bac Pro SPVL (Services de proximité et vie locale), elle recherche de la stabilité pour pouvoir construire. C’est grâce à sa soeur qui a été animatrice RATP et à une affiche dans le bus disant que la RATP recrutait des MR et sur laquelle on voyait une femme au volant d’un bus qu’a germé en elle l’idée de faire ce métier.

« Ce qui m’attire dans le métier de Machiniste Receveur ? Le contact humain, le fait de me sentir utile, j’en ai besoin, le fait d’être en extérieur. Et lorsque j’ai eu l’opportunité de conduire un bus 15 mn, ça m’a conforté dans cette idée. Au début j’appréhendais mais en fait, je me suis rendue compte que j’étais à l’aise et que ça me plaisait vraiment. C’est vraiment une chance ce parcours. »

L’après parcours

Une fois reçus pourtant, leur parcours n’est pas terminé. Ils passent une visite médicale obligatoire, ensuite ils sont affectés en auto-école pour passer le permis D (4 à 5 semaines) puis passent la FIMO (Formation initiale minimum obligatoire pour le transport de passagers) au centre de formation de la RATP pendant 4 à 5 semaines. Une fois validés, ils sont affectés à un centre bus et commencent à circuler en double (environ 10 jours) avant de commencer à circuler seuls. Avant d’être commissionnés, il se passe une année, au cours de laquelle des clients mystère, des agents RATP en civil mais aussi des formateurs ou responsables viennent contrôler leur manière de conduire et leur relationnel client. C’est en quelque sorte une période d’essai.

Pour en savoir plus sur le métier ou postuler :

Le métier de Machiniste Receveur

L’espace recrutement de la RATP

Les coordonnées des antennes ASSOFAC pour se renseigner sur le parcours sécurisé 

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