J’AI MAL A MON APPRENTISSAGE

  • Pfff ! Il a un poil dans la main, un point c’est tout !
  • Non, c’est un peu court de dire ça, quand il est motivé il se donne…
  • Ben le problème c’est que rien ne le motive justement, et surtout pas le travail !
  • Tu es dur, il essaie mais il faut dire que ce qu’on lui donne à faire dans sa boîte, c’est pas très intéressant…
  • Pauvre chéri ! Arrête de le défendre systématiquement, c’est vrai, tu lui trouves toujours des excuses, la vérité c’est qu’il n’est jamais content et qu’il est fainéant, c’est malheureux mais c’est comme ça !

J’ai tout entendu. Ca me saoule. Mon père ne comprend rien. Il n’essaie même pas en fait. Il n’écoute pas, il préfère rester avec ses idées toutes faites sur moi. J’ai l’impression que comme il a encaissé toute sa vie, il faudrait que je fasse pareil. Sauf que moi, c’est pas dans ma nature de subir. 

Je suis en 2ème année de BTS Aménagement et finition du bâtiment, en apprentissage. Quand j’ai postulé au CFA, on m’a dit que j’allais avoir de plus en plus de responsabilités au fur et à mesure du temps dans ma boîte. Et qu’avec ce BTS en poche, je pourrai viser un poste d’assistant conducteur de travaux ou chef de chantier. Sauf que ça, c’est du flanc, je fais en 2ème année exactement la même chose qu’en 1ère année. C’est à dire 80% de travaux d’aménagement et 20% de commercial et organisation de chantiers. En gros, ça diffère à peine de ce que j’ai connu en BAC PRO Aménagement et finition. J’aurais dû m’arrêter là du coup !

J’ai essayé d’en parler avec mon maitre d’apprentissage qui est le patron mais il est borné lui aussi! Il me dit toujours qu’il n’a pas le temps de me montrer…En fait, ça l’arrange bien de me laisser sur le terrain, à faire de la peinture, du placo ou à poser des sols. 

Ca fait des mois que ça dure et du coup, comme je ne suis plus motivé parce que je n’apprends pas grand-chose de nouveau, j’ai du mal à me lever le matin. J’arrive souvent en retard, du coup je risque de me faire virer. En tous cas, il a menacé clairement de me virer si je ne me ressaisissais pas. Il n’arrête pas de dire que je ne suis pas assez motivé. Oui c’est clair mais ça l’arrange de penser que ça vient de moi plutôt que de se remettre en question. Mon formateur principal lui a parlé mais ça n’a rien changé. En fait il s’en fout.

C’est trop tard aussi pour changer de boîte, il reste 4 mois avant la fin des cours…du coup, il faudrait que je prenne mon mal en patience jusqu’au diplôme et après ciao !

C’est ce que mon formateur me dit, c’est ce que ma mère me dit mais moi je n’y arrive pas. Parce qu’en plus, quand je sortirai avec mon diplôme en poche, j’aurai appris que dalle et du coup, j’aurai du mal à trouver le poste que je veux. Le poste qu’on m’a vendu et le poste auquel je devrais pouvoir prétendre si j’étais bien formé !

Ce qui me révolte c’est qu’en plus, j’ai plutôt de bons résultats en cours. Si je comprenais rien, si j’étais nul, je comprendrais qu’on ne me confie pas de dossiers techniques par exemple mais là, ce n’est pas le cas, je suis tout à fait capable ! Il y en a dans ma classe qui sont à la ramasse et qui ont plus de responsabilités en entreprise, ce n’est pas juste !

J’ai vraiment l’impression d’être exploité en fait. Et mon père qui ne me soutient même pas ! 

Je sais. Dès demain, j’irai voir la directrice du CFA et je lui demanderai d’intervenir auprès de mon patron. Peut-être qu’elle aura plus de poids et qu’elle ne se couchera pas devant lui !

Réagissez à cette histoire ! Vous vous reconnaissez ? Témoignez ! 🙂

5 comments / Add your comment below

  1. Je ne sais pas si c’est une histoire vraie. J’aimerai bien en connaître la suite. Quel est le poids d’une directrice de CFA? Quand un apprenti se trouve « coincé » dans une entreprise où on ne lui apprend rien, alors que es stages sont rares, ou quand des élèves sont privé de prof de math des mois durant en collège, ils n’ont pour se défendre que leur persévérance. Je comprends ceux qui décrochent, mais pour ne pas en arriver là, il faut s’accrocher à ses objectifs, et ne rien lâcher, même si c’est dur.

    1. Bonjour,
      Ce récit, comme les autres figurant dans la catégorie « Récits », sont des fictions mais je m’inspire toujours pour les écrire de mon expérience et notamment de situations réelles vécues par les jeunes que j’accompagne depuis quelques années.Votre question est tout à fait intéressante. Le poids d’une directrice de CFA ? Tout dépend. Elle peut demander à certains membres de son équipe d’intervenir comme le formateur principal ou encore le développeur de l’apprentissage qui sont en relation avec l’entreprise et sont censés accompagner le jeune dans ce genre de cas. Si une médiation a déjà été tentée par ces personnels sans succès ou qu’il ne se sentent pas en capacité d’assumer ce rôle, elle peut intervenir pour faire cette médiation et éviter une rupture de contrat. Il existe aussi d’autres solutions mais auxquelles il faut recourir je dirais lorsque ces premières solutions (dialogue du jeune avec son MA, intervention du CFA) ont échoué. Il existe notamment des médiateurs de l’apprentissage mais attention tout dépend du problème rencontré. Il existe aussi des développeurs de l’apprentissage médiateurs, notamment en Région Ile de France qui peuvent intervenir. Cet article de l’étudiant vous éclairera sûrement : https://www.letudiant.fr/alternance/alternance-et-apprentissage/au-secours-mon-contrat-d-apprentissage-se-deroule-mal-quels-sont-mes-recours.html
      J’espère vous avoir éclairée. A bientôt

  2. Je n’ai pas de témoignages dans mon proche entourage d’apprentissages qui se passent bien ou mal. Mais ce que je peux dire, c’est qu’on est en « apprentissage » tout au long de sa vie professionnelle et personnelle, qu’on soit en entreprise ou, encore plus, si on est auto-entrepreneur. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui que les choses évoluent très vite, que la technologie, la mécanisation, la robotisation, la digitalisation et bien d’autres domaines demandent des savoirs de plus en plus complexes et exigeants ; il faut apprendre tout le temps, jamais baisser la garde car on est très vite dépassé, il faut prendre cet environnement avec enthousiasme car, non seulement, cela qualifie les candidats et leur donne plus de chances de trouver un emploi valorisant mais c’est une grande source de satisfactions qui dope la confiance en soi, sentiment sans lequel il n’y a pas d’épanouissement personnel.

  3. Bonjour , pour redonner du courage à d’autres je souhaite témoigner . Mon fils est entré en apprentissage de boucherie cette année . Après un parcours scolaire brillant, il a décroché du jour au lendemain . Lorsque il a émis son souhait de rentrer en apprentissage, son père et moi ne l’avons absolument pas entendu et nous nous sommes acharnés à le maintenir en milieu scolaire en le changeant de lycée , de ville ,en le mettant en internat .Peine perdue : décrochage total !
    Alors petit à petit , nous avons notre chemin tous ensemble . Et cette année , nous avons enfin retrouvé notre enfant ! Un ado souriant volontaire et qui a plaisir à travailler au quotidien . Bien sûr , son patron y est pour beaucoup : la transmission se fait chaque jour et les progrès sont rapides ! Quel plaisir !

    1. Bonjour Anne,
      Merci pour votre témoignage précieux et votre sincérité. Parfois nous refusons d’entendre ce que nos enfants ont à nous dire…Ce récit, s’il montre les difficultés auxquelles peuvent être confrontés certains apprentis, ne doit pas faire oublier qu’il y a beaucoup de jeunes qui s’épanouissent en apprentissage (comme cela a l’air d’être le cas pour votre fils ), soutenus par leurs parents et par un patron attentif et formateur. Bonne continuation à vous ! 🙂

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